top 10 Jeux de société pour enfants dysphasiques

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La dysphasie (trouble du langage oral, qu’on appelle aussi trouble développemental du langage) peut rendre certaines interactions de jeu un peu… confuses. Un enfant dysphasique a du mal à comprendre les consignes complexes, à s’exprimer clairement, à trouver ses mots. Dans un jeu de société standard où ça parle dans tous les sens, où il faut expliquer ses actions ou négocier avec les autres joueurs, il peut vite se sentir perdu ou mis à l’écart. Heureusement, jouer ne rime pas obligatoirement avec grands discours ! Il existe de nombreux jeux de société où l’on peut s’amuser sans avoir besoin de parler comme un orateur, et d’autres qui, au contraire, offrent un cadre pour pratiquer le langage oral en s’amusant. Dans ce dernier article de notre dossier, on vous propose des jeux de société adaptés aux enfants dysphasiques à sortir pendant les vacances et soirées d’été. Des jeux où l’on communique autrement, où on prend le temps, et où nos petits bavards atypiques pourront participer pleinement, progresser en langage, mais surtout rigoler avec tout le monde.

Passons maintenant à une sélection de jeux spécialement favorables aux enfants dysphasiques, à savourer pendant les vacances :

Sélection de jeux adaptés pour enfants dysphasiques

Story Cubes : Déjà mentionnés pour d’autres troubles, les Story Cubes ( sont un must pour stimuler l’expression orale tout en restant très libre. On lance des dés illustrés et on raconte une histoire. Pour un enfant dysphasique, c’est un exercice sans contrainte de réussite ou d’échec : il peut dire une phrase très simple par dé (« euh… pirate… bateau… trésor… fini ! ») et ce sera très bien. Vous pouvez l’aider à enchaîner les idées (“et le pirate il fait quoi avec le trésor ?”). C’est un jeu qui invite naturellement à parler, mais sans la pression d’être correct grammaticalement ou de trouver le mot exact. On peut même raconter l’histoire à plusieurs voix : l’enfant dit quelques mots, vous complétez, etc. Petit à petit, il pourrait allonger ses phrases sans s’en rendre compte. En plus, c’est drôle et créatif – parfait en soirée d’été à la belle étoile pour inventer des contes farfelus.

Qui est-ce ? (Guess Who) : Ce classique jeu de déduction peut être un super outil de langage structuré. Il s’agit de poser des questions OUI/NON pour deviner le personnage mystère de l’autre. Pour un enfant dysphasique, c’est un entraînement aux phrases interrogatives simples : “Est-ce qu’il a des lunettes ?”, “Est-ce que c’est une fille ?”. Au début, il aura peut-être du mal à formuler correctement (“Euh… lunette ?”), mais vous pouvez modéliser la question et il n’a plus qu’à répéter. Ce n’est pas vécu comme un exercice, car c’est le jeu ! En plus, il doit comprendre les questions que vous posez et y répondre (par oui/non). Ça pratique la compréhension et l’attention auditive. Astuce : si le plateau classique a trop de visages (et de prénoms pas toujours évidents), bricolez une version personnalisée avec des photos de la famille, ou des images de personnages de dessins animés qu’il connaît – il sera encore plus motivé et à l’aise avec le vocabulaire. Les parties sont rapides, on peut enchaîner et voir les progrès au fil des manches (il va peut-être commencer à poser les questions de lui-même au bout de quelques parties).

La chasse aux trésors des phrases (jeu imaginaire) : Ce n’est pas un jeu du commerce, mais une activité ludique que vous pouvez créer en vacances. Sur des petits papiers, écrivez ou dessinez des actions rigolotes à faire dire à votre enfant. Par exemple “Imite le cri du loup en disant je suis un loup”, ou “Dis 3 mots que tu aimes bien” – et cachez ces papiers (les “trésors”) dans le jardin ou la maison. Partez en chasse au trésor ensemble : à chaque papier trouvé, l’enfant doit soit prononcer la phrase indiquée, soit répondre à la consigne. Vous pouvez l’aider et le faire avec lui. C’est un moyen détourné de le faire parler, articuler, etc., dans l’ambiance excitante d’une chasse au trésor. Il sera trop occupé à chercher les trésors pour se focaliser sur ses difficultés de langage ! Récompensez chaque “trésor” par un petit point ou un bonbon pour rendre le jeu motivant.

Time’s Up Kids  : La version “Kids” du célèbre Time’s Up est coopérative et basée sur des images plutôt que des mots écrits. Le principe : on doit faire deviner ensemble un maximum d’images en un temps donné, d’abord en parlant, puis en mimant. L’avantage pour un enfant dysphasique : dans la phase de description, il a l’image sous les yeux et peut dire des mots simples pour la décrire, les autres doivent deviner. Par exemple, l’image est un chat : il peut dire “miaou” ou “animal maison” – pas besoin de phrase compliquée. Puis à la phase mime, plus besoin de mots du tout, il peut s’exprimer par gestes (ce qui souvent libère la frustration du langage). Comme c’est coopératif, on ne compte pas les erreurs, on essaie juste de battre un record tous ensemble. Ce jeu améliore le vocabulaire et la façon d’évoquer un concept, sans jamais pointer du doigt “tu as mal prononcé” ou “ce n’est pas ça”. On peut l’adapter en supprimant le temps imparti si on veut être tranquille, le principal c’est de s’amuser à faire deviner.

https://amzn.to/4f3Gq16Concept Kids :Concept Kids est un jeu de devinettes visuel où l’on fait deviner un mot ou une expression grâce à des icônes colorées. Pour un enfant dyspraxique, l’absence de petites pièces à manipuler est un vrai soulagement : tout se fait en plaçant un seul marqueur sur un pictogramme, ce qui limite les gestes complexes. L’approche par associations d’images stimule la planification mentale sans exiger une motricité fine exigeante. On peut même inventer des histoires autour des concepts choisis, et l’enfant participe à son rythme. En soirée ou en après-midi au jardin, ce jeu invite à partager des idées en toute simplicité et bonne humeur.

LiroDingo & MOTDINGO : LiroDingo Syllabes et Mots propose un plateau modulable où l’on assemble des tuiles syllabiques pour former des mots. Conçu pour faciliter la segmentation sonore sans gestes trop précis, ce jeu réduit la charge motrice et permet à l’enfant dyspraxique de se concentrer sur le découpage phonétique. Les tuiles sont assez grandes pour être manipulées aisément, et la disposition colorée sert de repère visuel. En associant son et image, le petit joueur affine sa cohérence motrice et cognitive en même temps. Vous pouvez démarrer par des mots simples, puis ajouter des combinaisons plus complexes, le tout dans une ambiance ludique qui fait mouche.

https://amzn.to/4lXDEMVComment j’ai adopté un gnou – Le Jeu des Dés Qui Font Parler :est un jeu de dés illustrés offrant un terrain d’expression original. Chaque lancer dévoile une série d’images rigolotes que l’on combine en phrases ou courts récits. Pour un enfant dyspraxique, le geste de lancer les dés sollicite la coordination générale sans exiger une précision minutieuse, tandis que la variété des illustrations stimule la créativité. On peut adapter la règle pour alterner relais : l’enfant choisit un dé, raconte un mot ou un geste associé, puis les parents enchaînent. Cette dynamique invite à l’exploration motrice et verbale, et favorise la confiance dans la prise d’initiative.


HABA LogiCASE Starter Set 4+ – Jeu d’énigmes : est une trousse compacte remplie d’énigmes et de scénarios à résoudre avec des pièces modulables. Pas de plateau imposant, juste un boîtier magnétique dont on installe les cartes et les éléments pour reconstituer des scènes. Pour un enfant dyspraxique, ce format facilite la préhension grâce à des pièces plus épaisses et un repère magnétique qui guide les manipulations. Chaque défi propose une solution visuelle claire, évitant le surcroît de recherche motrice. On peut l’emmener en voiture ou en pique-nique, et voir la fierté briller dans ses yeux quand il réussit à organiser les tuiles dans le bon ordre.


Comprendre les besoins d’un enfant dysphasique en jeu

Un enfant dysphasique peut présenter différents profils, mais en général : il comprend mieux les informations simples et visuelles, il peut avoir besoin de plus de temps pour traiter ce qu’on lui dit, et il s’exprime souvent par phrases courtes, avec un vocabulaire plus limité ou une prononciation approximative. En situation de jeu, les difficultés typiques sont : comprendre les règles (si elles sont expliquées oralement de façon trop verbeuse), suivre les échanges rapides entre joueurs, exprimer ce qu’il veut faire (“Je joue cette carte parce que… euh…”) et trouver les mots pour participer aux jeux de langage. La pression du groupe peut le faire taire s’il n’arrive pas à intervenir assez vite ou s’il a peur de mal prononcer un mot et d’être corrigé.

L’enjeu est donc double : choisir des jeux qui ne reposent pas uniquement sur le langage (pour qu’il puisse jouer sans handicap), et utiliser le jeu comme un outil pour améliorer ses capacités de communication en douceur, sans que ça tourne à la séance d’orthophonie. 😉

Astuces pour intégrer un enfant dysphasique dans un jeu

  • Simplifier et illustrer les règles : Avant de jouer, prenez le temps d’expliquer les règles avec des mots simples et en montrant concrètement (ex: faites un tour de démonstration). Vous pouvez préparer un petit mémo visuel : par exemple, dessiner les étapes du tour de jeu ou mimer les actions possibles. L’enfant dysphasique comprendra mieux ainsi qu’avec une longue explication orale abstraite. Durant la partie, n’hésitez pas à rappeler régulièrement ce qu’on fait (“Maintenant, c’est à untel de jouer une carte bleue”) pour qu’il ne perde pas le fil.
  • Encourager l’expression sans forcer : S’il y a du dialogue dans le jeu, assurez-vous que l’enfant a la possibilité de prendre la parole à son rythme. Dans un jeu où on doit deviner un mot, par exemple, donnez-lui un peu plus de temps ou autorisez-le à le mimer s’il n’arrive pas à le dire. Créez un climat où ses prises de parole, même hachées ou avec des erreurs, sont accueillies positivement. On peut même instaurer un “droit de passer” : s’il ne trouve pas ses mots, il peut passer son tour sans que ce soit un drame, et revenir plus tard. Montrez également l’exemple en parlant lentement, en articulant bien et en utilisant des phrases simples pendant le jeu – ça l’aidera à suivre et c’est un modèle de langage clair.
  • Utiliser des supports visuels ou écrits : Paradoxalement, un enfant dysphasique peut parfois être plus à l’aise à l’écrit (s’il n’est pas dyslexique aussi) pour communiquer un mot. Dans un jeu comme Pictionary, peut-être qu’écrire le mot serait plus facile pour lui que le décrire oralement. Donc selon son profil, autorisez-le à écrire ou dessiner ce qu’il veut dire, ou à montrer des images. Il existe des jeux de communication non verbale (avec gestes, dessins, symboles) dont on peut s’inspirer pour lui donner des alternatives à la parole quand il bloque.
  • Valoriser ses idées et son humour : Un enfant dysphasique comprend souvent plus qu’il ne peut exprimer. Le jeu peut révéler qu’il a de super idées ou un sens de l’humour qu’il peine à partager à l’oral. Si dans un jeu coopératif vous voyez qu’il montre du doigt une carte pour suggérer quelque chose, et que c’était pertinent, soulignez « Bonne idée, tu as raison, c’est cette carte-là ! ». Cela lui montrera que sa contribution, même non verbale, est reconnue. Et s’il sort un mot rigolo ou invente un terme faute du vrai mot, rigolez avec lui gentiment et adoptez-le dans le jeu (“Ok, on appelle ce personnage Dragonou si tu veux, c’est son petit nom !”). Le principal est qu’il se sente à l’aise de communiquer, peu importe la forme.

Encourager la communication authentique
L’objectif ultime en jouant, c’est que votre enfant dysphasique prenne confiance en sa capacité à communiquer et y trouve du plaisir. N’hésitez pas, après quelques parties réussies, à le féliciter : « Tu as super bien expliqué ta carte, on a deviné tout de suite grâce à toi ! » ou « J’ai adoré ton histoire, tu as de bonnes idées ! ». Ce genre de retours positifs peut le motiver à parler davantage en dehors du contexte du jeu.

De plus, profitez du jeu pour créer des complicités verbales. Par exemple, inventez ensemble des mots farfelus pour désigner quelque chose (un langage codé de la famille) – l’enfant dysphasique se sentira valorisé d’avoir contribué à inventer un mot, lui qui d’habitude lutte avec ceux des autres. Riez des quiproquos, montrez-lui que ce n’est pas grave de se tromper de mot, que ça peut même être amusant. Si pendant le jeu il dit “un lampadaire magique” au lieu d’“une lampe magique”, et que c’est drôle, adoptez l’expression pour la soirée. L’essentiel est qu’il sente qu’en communiquant, il crée du lien et du rire, pas du jugement.

Conclusion
Les jeux de société offrent un terrain de jeu (c’est le cas de le dire) formidable pour les enfants dysphasiques. Bien choisis, ils permettent de s’exprimer sans complexe, de communiquer autrement, et même de progresser en langage oral tout en passant un bon moment. Que ce soit en devinant des personnages, en racontant des histoires farfelues ou en faisant deviner des images, votre enfant va pratiquer le dialogue, enrichir son vocabulaire et surtout prendre du plaisir à être compris et écouté. En vacances, loin des exigences scolaires, ces moments ludiques peuvent vraiment l’épanouir. Alors, prêts à jouer les mots en liberté ? Installez-vous confortablement en terrasse ou sur la pelouse, piochez une carte ou un dé, et laissez la magie du jeu opérer. Vous serez surpris de tout ce que votre enfant a à raconter, à sa manière unique. Et souvenez-vous : dans le jeu comme ailleurs, l’important ce n’est pas de parler parfaitement, c’est de partager. 🗣️

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