
Stephen Graham, acteur britannique dyslexique, est aussi le co-créateur et co-scénariste de la mini-série britannique Adolescence, diffusée sur Netflix, dans laquelle il joue également.Et surtout, il est dyslexique. Il l’a dit publiquement, au point que sa femme (Hannah Walters) l’aide en lisant certains scripts avec lui.
Quand les mots s’emballent : l’enfance d’un acteur atypique
Imaginez Stephen Graham, futur acteur brillant, dans une salle de classe à Liverpool dans les années 1980. Non pas sur scène sous les projecteurs, mais face à un texte qu’il ne parvient pas à lire comme ses camarades. Diagnostiqué tardivement comme dyslexique, Stephen a très vite ressenti ce sentiment familier à beaucoup d’enfants DYS : celui d’être « en décalage ».
Mais tout change lorsqu’un professeur de théâtre repère son talent brut pour l’interprétation. Ce soutien arrive comme une lumière dans un tunnel – un déclic que beaucoup de jeunes DYS espèrent vivre un jour. Et c’est ainsi qu’un garçon qui doutait de sa valeur apprend qu’il peut briller… autrement.
Dyslexie et scripts : une alliance (pas si) improbable
Quand on pense au métier d’acteur, on imagine des piles de scripts, des dialogues à mémoriser à la virgule près, du texte, encore du texte… Autant dire que pour quelqu’un avec une dyslexie, cela ressemble à un parcours semé de pièges. Pourtant, Stephen Graham a trouvé sa propre méthode : il se fait lire les scénarios à voix haute, il enregistre des phrases, il apprend par le son.
Ce type d’apprentissage, appelé auditory learning, est courant chez les personnes DYS. Cela me rappelle Hugo, un de nos lecteurs, qui apprend ses leçons en marchant dans le salon pendant que sa grande sœur les lui lit. Pas orthodoxe, mais redoutablement efficace !
Improviser pour mieux incarner
Si mémoriser est une épreuve, interpréter ne l’est pas. Graham excelle là où beaucoup rament : comprendre un personnage, le « ressentir » plutôt que déchiffrer letter by letter. Il développe une approche intuitive du jeu d’acteur, moins cérébrale, plus viscérale. Une force qu’il partage avec d’autres acteurs neurodivergents comme Orlando Bloom ou Keira Knightley.
Et vous savez quoi ? Ce n’est pas un hasard. Les profils DYS ont souvent une intelligence émotionnelle très développée, une capacité d’empathie qui fait des merveilles sur scène ou à l’écran.
De l’école à Hollywood : un parcours semé de doutes
Malgré sa notoriété grandissante, Stephen Graham confie avoir longtemps vécu avec le syndrome de l’imposteur. Impossible de ne pas penser ici à Camille, qui nous écrivait récemment depuis sa prépa littéraire : « J’ai l’impression de tricher parce que j’utilise une synthèse vocale pour mes lectures. » Comme Stephen, Camille oublie parfois que ce « plan B » n’est pas une triche… mais une stratégie d’adaptation.
La vraie leçon ? Être différent dans ses apprentissages ne retire aucune légitimité. Au contraire, c’est souvent un moteur de créativité.
Casser les codes sans les lire
Le parcours de Graham pose une question brûlante : et si les outils numériques, comme la lecture audio, les surligneurs vocaux ou les correcteurs intelligents, rendaient les carrières artistiques plus accessibles aux DYS ? C’est exactement ce que défend l’association Enna, qui milite pour l’inclusion des profils neurodivergents dans tous les domaines professionnels.
Leur plateforme propose d’ailleurs des tests de neurodiversité, des offres d’emploi accessibles, et même des ateliers pour sensibiliser les employeurs.
Ce que son histoire nous murmure à l’oreille
Ce qui nous touche chez Stephen Graham, ce ne sont pas seulement ses rôles poignants, c’est aussi sa résilience silencieuse, son ingéniosité quotidienne. Et mine de rien, ça nous rappelle quelque chose non ? Ces petits systèmes qu’on crée chaque jour pour contourner les galères de lecture, d’organisation ou d’orthographe.
Et si on tirait quelques pépites de son parcours :
- 🧠 La dyslexie n’est pas un blocage, mais un changement de perspective.
- 🔊 L’auditif peut devenir un super-pouvoir pour apprendre et retenir.
- 🎭 Les métiers créatifs sont des terrains de jeu fabuleux pour les neurodivergents.
- 🎙 S’exprimer autrement ne veut pas dire moins bien.
Et vous, quelle est votre scène ?
Stephen Graham ne lit peut-être pas ses scripts comme les autres, il les entend, les ressent, les vit. Et ça fonctionne – la preuve en cinéma ! Son histoire est un petit rappel joyeux que les voies bis, les approches « à côté », enrichissent souvent le monde bien plus que les lignes droites.
On adorerait savoir : quelle a été votre scène à vous ? Cette activité ou ce moment où, malgré les lettres qui dansaient, vous vous êtes senti à votre place ?
N’hésitez pas à nous écrire ou à partager votre témoignage. Et, en attendant, continuez de danser avec les mots, à votre façon.
Partagez :
