PAP, PPS, MDPH… le glossaire DYS des parents

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Idée d’illustration : Un tableau noir rempli de sigles incompréhensibles (ESS, PPS, MDPH, CDAPH ,GEVASco etc.) qu’un parent regarde avec des points d’interrogation au-dessus de la tête, pendant qu’un enfant lui tend un manuel “Dico du DYS”.

Introduction : l’alphabet des démarches DYS

PAI, PPS, PAP, ESS, MDPH… Se retrouver dans le jargon administratif quand on a un enfant DYS, c’est un peu comme déchiffrer une soupe de lettres ! Pas de panique : on vous a concocté un glossaire clair des principaux termes et sigles que vous allez rencontrer. L’objectif est de vous expliquer, pour chaque sigle, sa signification, son utilité, quand on l’utilise, et qui est concerné. Gardez cet article sous la main comme un petit dictionnaire : il vous permettra de parler le “langage DYS” sans bafouiller. C’est parti pour le décryptage, de A (comme AESH) à… eh bien S (comme SESSAD) par exemple.

AESH – Accompagnant d’Élève en Situation de Handicap

Ce que c’est : un AESH est la personne (assistant d’éducation spécialisé) qui accompagne un enfant handicapé à l’école. On parlait d’AVS (Auxiliaire de Vie Scolaire) il y a quelques années, le terme officiel est désormais AESH.
À quoi ça sert : l’AESH aide l’élève dans les tâches scolaires que le trouble rend difficiles : prise de notes, lecture des consignes, aide à la manipulation de matériel… Il reste sous la direction de l’enseignant mais se consacre à l’élève ou au petit groupe d’élèves dont il s’occupe.
Quand/comment on l’obtient : uniquement via une notification de la MDPH dans le cadre d’un PPS. La famille doit en faire la demande dans le dossier MDPH. La décision (nombre d’heures d’AESH, mutualisé ou individuel) est prise par la CDAPH. Une fois notifiée, l’Éducation nationale affecte un AESH à l’enfant, selon les disponibilités.
Qui est concerné : des milliers d’élèves en situation de handicap, y compris de nombreux DYS quand leurs troubles impactent fortement la scolarité. Par exemple, beaucoup d’enfants dyspraxiques ou dysphasiques ont une AESH, au moins à temps partiel. Pas besoin d’AESH en revanche pour un trouble léger bien compensé en PAP.

ESS – Équipe de Suivi de la Scolarisation

Ce que c’est : c’est la réunion périodique (généralement annuelle) de tous les acteurs autour d’un élève handicapé scolarisé. L’ESS porte bien son nom : elle suit la scolarisation de l’enfant.
Qui participe : les parents, l’enseignant référent (voir plus loin), l’enseignant de la classe, éventuellement le directeur, les professionnels (orthophoniste, psychomotricien…) qui interviennent auprès de l’enfant, et l’élève lui-même si c’est pertinent (souvent à partir du collège).
À quoi ça sert : faire le point sur la mise en œuvre du PPS de l’élève, évaluer ce qui fonctionne ou pas, et ajuster si besoin. Par exemple, l’ESS pourra recommander d’ajouter une heure d’orthophonie si les progrès en lecture stagnent, ou de demander un ordinateur via la MDPH si l’élève se fatigue trop en écriture.
Quand ça a lieu : au moins une fois par an, souvent vers la fin de l’année scolaire pour préparer l’année suivante. Il peut y en avoir plus si nécessaire (en cas de problème grave ou de changement en cours d’année). L’ESS est convoquée par l’enseignant référent, qui en rédige aussi le compte-rendu.

PPS – Projet Personnalisé de Scolarisation

Ce que c’est : le PPS est le plan de scolarisation pour un élève en situation de handicap. C’est un document officiel élaboré par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH, qui liste les besoins de l’élève et les mesures de compensation (humaines, matérielles, pédagogiques).
À quoi ça sert : à garantir que l’enfant ait tout ce qu’il lui faut pour suivre sa scolarité malgré son handicap. Le PPS peut prévoir par exemple une AESH, du matériel informatique, un placement en ULIS, du temps supplémentaire aux examens, etc.education.gouv.fr. Il formalise aussi les objectifs d’apprentissage adaptés à l’élève.
Quand/comment on l’obtient : le PPS s’obtient via le dépôt d’un dossier MDPH. Après évaluation, la CDAPH de la MDPH valide (ou non) le projet et notifie les aides accordées. Le PPS démarre alors, et est valable tout au long de la scolarité, avec des révisions périodiques (à chaque changement de cycle au minimum, ou plus souvent via les ESS).
Qui est concerné : tous les élèves dont le trouble répond à la définition légale du handicap (loi 2005). En pratique, un enfant DYS qui a de gros besoins (par exemple dyslexie sévère + dyspraxie) aura sans doute un PPS, tandis qu’un enfant dyslexique léger n’en aura pas. Fin 2025, environ 67 000 élèves en France avaient un livret de parcours inclusif mentionnant un PPS.

PAP – Plan d’Accompagnement Personnalisé

Ce que c’est : le PAP est un plan d’aménagement pédagogique pour un élève ayant des troubles des apprentissages, sans reconnaissance de handicap. C’est un dispositif interne à l’école.
À quoi ça sert : à mettre en place des adaptations scolaires pour l’élève DYS afin de compenser ses troubles (police adaptée, allègement de devoirs, etc.). Le PAP donne droit aux aménagements d’examen également, tout comme un PPS monparcourshandicap.gouv.fr, puisque c’est reconnu officiellement par l’Éducation nationale.
Quand/comment on l’obtient : le PAP peut être mis en place à la demande des parents ou des enseignants, à n’importe quel moment du parcours scolaire, dès qu’un trouble est identifié. Il faut l’accord du médecin scolaire qui va évaluer la situation et donner son feu vert. Ensuite, l’équipe éducative rédige le PAP en concertation avec la famille. Pas de passage en MDPH pour le PAP, tout se passe au niveau de l’école ou de l’établissement.
Qui est concerné : de très nombreux élèves DYS qui ont des difficultés scolaires durables mais qui n’entrent pas (ou pas encore) dans le champ du handicap. Le PAP est idéal quand un enfant a “juste” besoin d’aménagements pédagogiques sans aide humaine ou matérielle lourde. Par exemple, un élève dyscalculique ou dysorthographique modéré sera souvent en PAP, pas forcément en PPS.

PAI – Projet d’Accueil Individualisé

Ce que c’est : le PAI est un plan d’organisation destiné aux enfants atteints de troubles de santé nécessitant un aménagement de leur scolarité (régime alimentaire, traitement médical en journée, protocole d’urgence…). Ce n’est pas propre aux DYS – on l’utilise surtout pour des maladies chroniques (asthme, diabète, épilepsie, allergies graves).
À quoi ça sert : garantir que l’enfant puisse suivre l’école en sécurité malgré son problème de santé. Par exemple, un PAI peut prévoir qu’un élève diabétique puisse faire ses injections d’insuline, ou qu’un enfant allergique ait un protocole avec son stylo d’adrénaline.
Quand/comment on l’obtient : à la demande des parents, avec un certificat médical du spécialiste qui précise les besoins. Le directeur d’école ou chef d’établissement met ensuite le PAI en place en lien avec le médecin scolaire et la famille.
Qui est concerné : des enfants avec des problèmes de santé. Un enfant DYS n’a en général pas besoin de PAI, sauf s’il a par ailleurs un souci médical (par exemple un enfant dyspraxique épileptique pourrait avoir un PAP pour sa dyspraxie et un PAI pour l’épilepsie).

PPRE – Programme Personnalisé de Réussite Éducative

Ce que c’est : le PPRE est un dispositif d’aide pédagogique pour les élèves qui rencontrent des difficultés scolaires (sans que ce soit forcément un trouble DYS ou un handicap).
À quoi ça sert : c’est un plan à court terme, ciblé sur un ou deux objectifs précis, pour remettre l’élève à niveau. Par exemple, un PPRE peut être lancé en CE1 pour aider un enfant à améliorer sa lecture s’il a du retard, en lui proposant un petit groupe de soutien pendant un trimestre.
Quand/comment on l’obtient : c’est l’équipe éducative qui le propose lorsqu’un élève n’acquiert pas certaines compétences du programme. Le PPRE se met en place sur une période donnée (quelques semaines à quelques mois) et vise des progrès mesurables.
Qui est concerné : tout élève en difficulté ponctuelle. Un enfant DYS peut bénéficier d’un PPRE, par exemple avant d’avoir un diagnostic ou en complément d’un PAP/PPS, pour intensifier l’aide sur un point précis (comme la lecture de l’heure, ou la mémorisation des tables de multiplication).

MDPH – Maison Départementale des Personnes Handicapées

Ce que c’est : la MDPH est l’organisme public de chaque département chargé d’accueillir et d’instruire les demandes liées au handicap. C’est “l’administration du handicap” en quelque sorte.
Ce qu’elle fait : la MDPH reçoit les dossiers de demande de compensation (pour enfants et adultes handicapés), les évalue via une équipe pluridisciplinaire, et la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie) prend des décisions sur les droits accordés. Pour un enfant DYS, la MDPH peut octroyer un PPS (avec AESH, matériel, orientation ULIS…), une allocation (AEEH), etc. Elle gère aussi d’autres services (cartes d’invalidité, etc.).
Comment la solliciter : en déposant un dossier (formulaires + certificats médicaux + bilans + formulaires scolaires type GEVASco). C’est un dossier unique à envoyer à la MDPH de votre département, de préférence en ligne si le service existe. Il y a un délai de traitement (quelques mois généralement). En cas d’accord, la MDPH envoie une notification écrite précisant les droits (ex : “AESH 12h par semaine”).
Qui est concerné : tous les enfants (et adultes) dont la condition répond à la définition du handicap (loi 2005). Beaucoup d’enfants DYS n’ont pas de dossier MDPH si leurs besoins sont gérés en PAP. Mais quand les aménagements scolaires ne suffisent plus ou que la famille a besoin d’aides financières, le dossier MDPH devient incontournable. Les démarches peuvent sembler complexes (un vrai parcours du combattant, disent certains parents), mais à partir de 2024-2025 des simplifications sont en cours (droits à vie pour certains troubles, formulaires plus simples, etc. – voir notre article « Dossier MDPH DYS : ce qui va changer en 2025 » sur Dysclick).

CDAPH – Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées

Ce que c’est : c’est la commission siégeant au sein de la MDPH qui prend les décisions sur chaque dossier.
Qui la compose : des représentants du conseil départemental, de l’Éducation nationale, de la Sécurité sociale, des associations de personnes handicapées, etc. C’est une instance pluridisciplinaire.
Rôle : la CDAPH décide de l’attribution ou non des prestations et orientations demandées. Par exemple, c’est elle qui valide qu’un enfant aura une AESH 15h/semaine pendant 2 ans, ou qu’il pourra entrer dans une classe ULIS, ou qu’il recevra l’AEEH taux X.
Ce qu’il faut retenir : c’est un sigle qu’on retrouve sur les courriers officiels (“la CDAPH a émis un avis favorable…”). En pratique, on ne la contacte pas directement, on passe toujours par la MDPH (la commission est interne). Si on n’est pas d’accord avec une décision de la CDAPH, on peut faire un recours.

GEVASco – Guide d’Évaluation de la Scolarisation

Ce que c’est : un formulaire standardisé utilisé dans le cadre des dossiers MDPH. Le GEVASco est rempli par l’équipe éducative de l’école (enseignant principal, directeur, enseignant référent) pour décrire la situation scolaire de l’élève.
Que contient-il : il présente les besoins de l’élève et les aménagements déjà mis en place à l’école, et donne un avis sur les aides nécessaires. Par exemple, l’enseignant y notera que l’élève a besoin d’un clavier pour écrire plus de 10 minutes, ou qu’il bénéficie déjà d’un PAP mais que cela ne suffit pas.
À quoi ça sert : c’est une pièce maîtresse du dossier MDPH pour un enfant scolarisé. La CDAPH s’appuie beaucoup sur ce document pour décider des aides à accorder (puisqu’il reflète la réalité de terrain à l’école).
Qui est concerné : tous les élèves pour lesquels une demande MDPH est faite concernant la scolarité. Si vous montez un dossier, assurez-vous de faire compléter un GEVASco par l’école. D’ailleurs, notre article « Réussir son dossier MDPH pour enfant DYS » sur Dysclick offre une checklist des pièces à joindre, dont le GEVASco.

ULIS – Unité Localisée pour l’Inclusion Scolaire

Ce que c’est : une ULIS est une classe spéciale, implantée dans une école ou un établissement, qui accueille un petit groupe d’élèves en situation de handicap pour leur offrir un environnement adapté, tout en les incluant partiellement dans les classes ordinaires.
Comment ça fonctionne : une ULIS a un enseignant spécialisé (et parfois un AESH collectif). Les élèves d’ULIS passent une partie de leur temps dans cette unité (pour travailler les fondamentaux à leur rythme) et une autre partie en classe ordinaire avec des aménagements. Il existe des ULIS en école élémentaire, collège et lycée, avec différentes spécialités de handicap (par exemple ULIS “TFC” troubles des fonctions cognitives, où on trouve souvent des élèves DYS).
Qui décide : l’orientation en ULIS se fait sur décision de la MDPH (CDAPH) avec l’accord des parents. C’est inscrit dans le PPS de l’enfant.
Qui est concerné : des élèves dont les troubles rendent la scolarisation 100% en classe ordinaire trop difficile, même avec des aménagements. Par exemple, un collégien dyspraxique et dysphasique sévère pourrait bénéficier d’une ULIS pour avoir des cours de soutien intensifs, tout en allant en maths et en sport avec sa classe de référence. L’ULIS permet de combiner inclusion et enseignement spécialisé.

SESSAD – Service d’Éducation Spéciale et de Soins à Domicile

Ce que c’est : un SESSAD est un service mobile (une équipe de professionnels) qui intervient auprès d’un enfant handicapé directement dans ses lieux de vie (école, domicile).
Composition : une équipe pluridisciplinaire (éducateur, psychologue, orthophoniste, psychomotricien, etc.) qui se déplace pour suivre l’enfant.
À quoi ça sert : pour un enfant DYS, un SESSAD spécialisé (par exemple SESSAD “dysphasie”) peut fournir des séances de rééducation sur le temps scolaire directement à l’école, et aider l’enseignant à adapter sa pédagogie. Cela évite à la famille de courir partout et assure une cohérence dans les prises en charge.
Quand/comment on l’obtient : l’orientation en SESSAD se fait via la MDPH, souvent dans le cadre du PPS. C’est gratuit pour la famille car financé par l’Assurance Maladie. La difficulté, c’est qu’il y a peu de places SESSAD et beaucoup de demandes.
Qui est concerné : des enfants avec des troubles assez lourds pour justifier une prise en charge coordonnée. Par exemple, un enfant de 5 ans avec dyspraxie sévère pourrait être orienté en SESSAD motricité pour avoir un ergothérapeute qui vient à l’école maternelle chaque semaine + un éducateur qui aide à la maison.


Voilà pour les principaux sigles ! Bien sûr, il en existe d’autres (PCPE, EMAS, RASED, etc.), mais avec ceux-là, vous maîtrisez déjà l’essentiel du jargon DYS/handicap. N’hésitez pas à revenir à ce glossaire en cas de doute. Et souvenez-vous : derrière chaque sigle, il y a surtout des personnes et des dispositifs prêts à vous aider, vous et votre enfant. Une fois les acronymes décodés, les démarches font un peu moins peur.

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