
L’assistant d’écriture “partout”, est-ce que ça tient pour les DYS ?
Grammarly, c’est une promesse très séduisante. Avoir le même correcteur orthographique et la même aide à la reformulation dans Gmail, Word, OneNote, Notability, un formulaire web, et même sur mobile, sans changer d’outil.Sur le papier, c’est exactement ce que beaucoup de personnes dyslexiques ou dysorthographiques attendent depuis des années.
Pour la communauté francophone et les personnes dyslexiques, plusieurs questions se posent : quelles sont les capacités réelles du module français ? L’outil est‑il adapté à la dyslexie et à la dysorthographie ?
Présentation générale
Fondée en 2009 par une startup américaine, Grammarly est longtemps restée un correcteur orthographique et grammatical dédié à l’anglais. Depuis septembre 2025, Grammarly a officiellement ajouté une assistance d’écriture pour le français, l’espagnol, le portugais, l’allemand et l’italien, avec en plus une traduction intégrée vers 19 langues.Le français est récent, donc moins “mûr” que l’anglais Si tu n’as pas vu l’annonce, j’avais déjà présenté l’arrivée de Grammarly en français : Le correcteur Grammarly arrive en français. Grammarly le dit lui-même, et on le voit dans les retours terrain. Outre les corrections de fautes, Grammarly propose une réécriture de phrases et de paragraphes (tone, clarté, concision), un ajustement du ton et un détecteur de plagiat (version payante). L’intégration multiplateforme (extensions pour Chrome/Safari/Edge, applications Windows/macOS, plugin Office, claviers mobiles) permet de corriger ses écrits dans un navigateur, un traitement de texte ou un e‑mai. Les plans vont d’une version gratuite (corrections de base et 100 prompts d’IA) à une formule Pro (~12 $ / mois) offrant réécritures avancées, détection du plagiat et style guide centralisé pour les équipes
Fonctionnalités principales
Correction orthographique et grammaticale
- Détection d’erreurs : Grammarly surligne les fautes de grammaire, orthographe et ponctuation et propose des corrections en temps réel. La version gratuite couvre les fautes courantes tandis que le plan payant ajoute des corrections avancées (syntaxe, concordance des temps, homophones).
- Analyse du ton et de la clarté : l’outil évalue si le texte est formel, neutre ou amical et propose des ajustements pour clarifier, simplifier ou personnaliser les phrases.
- Réécriture de phrases et de paragraphes : la fonction “rewrite” reformule des passages verbeux en phrases plus fluides et propose des synonymes. Depuis 2025, ces réécritures sont disponibles en français pour ajuster le ton et la structure.
- Traduction intégrée : les paragraphes peuvent être traduits vers 19 langues sans quitter l’interface ; la traduction fait partie du module de réécriture.
- Détecteur de plagiat : réservé au plan Pro, il compare le texte à plus de 16 milliards de pages Web pour signaler des similitudes.
- Personnalisation : la version Business offre un guide de style et des snippets pour harmoniser le ton au sein d’une équipe.
Si tu veux comparer avec d’autres solutions orientées DYS, j’ai un panorama complet ici : Comparatif correcteurs orthographiques pour DYS. Et si tu cherches aussi des alternatives sans payer, tu peux piocher dans : Les meilleurs correcteurs d’orthographe gratuits pour DYS.
Déploiement et prise en main
- Plateformes : Grammarly fonctionne via un éditeur Web, une application de bureau pour Windows et Mac, des extensions pour Chrome/Firefox/Edge/Safari, des plug‑ins pour Microsoft Word/Outlook et des claviers iOS/Android.
- Langues supportées : en septembre 2025, la société a ajouté le français, l’espagnol, le portugais, l’italien et l’allemand. Les corrections avancées (surlignage bleu indiquant des suggestions stylistiques) restent limitées : seules certaines fonctionnalités de clarté sont disponibles en espagnol, et le déploiement vers le français est encore en bêta.
- Paramétrage : l’outil détecte automatiquement la langue du texte. Dans l’éditeur de bureau ou l’extension de navigateur, les utilisateurs peuvent activer/désactiver les suggestions multilingues et la traduction requiert d’activer l’option “réécriture de paragraphes”.
Tests : performances du module français
Pour aller au-delà des présentations marketing, j’ai fait un test complet de la solution. J’ai pris trois textes volontairement “DYS-like” (un SMS court, un mail complet, et un long texte type dissertation) et je les ai copiés sur plusieurs environnements : WhatsApp, Gmail, Facebook, LinkedIn, WordPress (éditeur), Microsoft Word, et Google Docs. Verdict immédiat : Grammarly fonctionne partout, mais il ne fonctionne pas partout de la même façon.

Le premier point qui saute aux yeux, c’est la stabilité des remplacements. Sur Word et Google Docs, l’expérience est globalement fluide. Les corrections s’appliquent proprement, on accepte une suggestion, le mot se remplace, et on avance. Sur certains champs web en revanche (réseaux sociaux, éditeurs riches, formulaires), j’ai observé des comportements plus fragiles : parfois un mot se retrouve écrit deux fois, parfois il s’insère “dans” un autre mot, comme si le correcteur et l’éditeur se battaient pour le contrôle du texte. Je n’ai pas mesuré précisément la fréquence de ces bugs, mais je peux le dire sans hésiter : ils apparaissent plus souvent sur certaines plateformes que sur Word, et ils peuvent ruiner la confiance, surtout quand on est dysorthographique et qu’on valide vite pour se soulager.

Deuxième enseignement : Grammarly a parfois besoin de plusieurs passes pour “bien” corriger un texte très abîmé. Sur des productions dysorthographiques sévères, le texte de départ peut être tellement éloigné d’une structure attendue que l’analyse ne capte pas tout dès la première lecture. J’ai eu une sensation proche du correcteur de Word : un premier passage améliore les évidences, un second passage affine, puis un troisième stabilise. C’est mieux qu’un correcteur basique, mais ce n’est pas magique. Et surtout, même après une correction complète dans Grammarly, il me restait encore des erreurs quand je repassais le texte dans Antidote. Ça, c’est un signal clair : Grammarly aide beaucoup, mais en français, on n’est pas encore sur une finition “zéro faute” comparable à un outil natif FR comme antidote ou Robert. Si tu veux voir concrètement comment Antidote rattrape souvent les détails en français, j’explique ma méthode pas à pas ici : Antidote, le correcteur indispensable pour les DYS

Troisième point, très important pour les DYS : la pédagogie. Antidote ne fait pas que corriger, il explique. Quand une phrase est trop tordue, il peut aussi signaler qu’il n’arrive pas à analyser la structure, ce qui m’alerte immédiatement : si je corrige sans comprendre, je risque de déformer mon intention. Grammarly, lui, est plus “muet” : il souligne, il propose une solution, et si la solution ne correspond pas à ce que je veux dire, je peux me retrouver bloqué, sans piste claire pour réparer la phrase autrement. Pour progresser, Antidote garde un avantage.
Mais, et c’est là que Grammarly marque des points énormes, son intégration change l’expérience. Il est partout, tout le temps. Pas besoin d’ouvrir une fenêtre à part, pas besoin de copier coller. J’écris un mail, un message, un post, et l’aide est déjà là. Le bouton de reformulation permet aussi de gagner un temps fou sur les micro-textes du quotidien. Au final, mon test conclut ceci : Grammarly est un excellent “assistant dans le flux” pour écrire plus vite et avec moins de stress, mais il reste perfectible sur la fiabilité des remplacements et la correction française, surtout pour les profils DYS sévères.
Gratuit vs payant, ce que tu obtiens vraiment
Grammarly propose une version gratuite qui donne déjà un aperçu fidèle de l’expérience. Tu as les corrections de base et un quota d’IA pour tester la reformulation et quelques suggestions de style. Pour beaucoup d’adultes DYS, c’est suffisant pour voir si l’outil “colle” à leur quotidien, surtout sur les messages, mails et posts.
L’abonnement Pro, lui, sert surtout à passer un cap. Plus de réécritures, plus de suggestions de ton et des options avancées selon les offres (dont des fonctions liées au plagiat et des outils pour harmoniser l’écriture en équipe). En clair, la version gratuite corrige. La version payante essaye aussi d’améliorer la rédaction.
Côté tarif, Grammarly est un abonnement ( 12€/mois ) et les montants évoluent. La logique est classique : c’est moins cher si tu payes à l’année, plus cher au mois ( 30€/mois). Pour comparer sans te tromper, le mieux est de regarder le prix au moment où tu lis cet article, puis de le mettre face à Antidote et au Robert. Ces outils français ont souvent des modèles plus “logiciel” et, selon les packs, une approche plus stable pour le français.
Pour vérifier les tarifs sans te tromper, la page officielle la plus simple est : How much does Grammarly Pro cost?.Et pour voir ce qui change exactement entre Free et Pro (features, prompts IA), Grammarly centralise tout ici : Grammarly plans.
Le super pouvoir, l’intégration partout… avec quelques zones de turbulences
Le point fort de Grammarly, c’est clairement son côté “assistant dans le flux”. Tu écris un mail, il est là. Tu replies à un post LinkedIn, il est là. Tu rédiges dans WordPress, il est là. Moins d’étapes, moins de copier coller, moins d’allers retours. Pour un profil dyslexique ou dysorthographique, ce gain cognitif est énorme. On garde l’idée en tête, on corrige au même endroit, on avance.
Sauf que “partout” ne veut pas dire “partout sans exception”. Dans mes tests, Grammarly fonctionne sur toutes les plateformes. Mais il fonctionne mieux sur certaines que sur d’autres. Sur Word et Google Docs, l’expérience est généralement propre. Sur des champs web plus fragiles (éditeurs riches, zones de saisie de réseaux sociaux, certains formulaires), j’ai observé des comportements pénibles : mots doublés, mot inséré dans un autre, correction appliquée partiellement, parfois une suggestion qui revient. Si tu es dysorthographique et que tu valides vite pour souffler, ce type de bug peut te faire perdre confiance. Et surtout, te faire perdre du temps.
Mon conseil pratique si tu constates ça : désactive tout automatisme, corrige clic par clic, et fais une passe finale dans un environnement stable. Grammarly reste utile, mais il faut l’utiliser comme un copilote. Pas comme un pilote automatique.
Français encore jeune, correction en plusieurs passes et finition imparfaite
Deuxième enseignement de mon test : sur un texte très “abîmé” par la dysorthographie, Grammarly n’attrape pas tout du premier coup. J’ai retrouvé une sensation proche du correcteur de Word. Premier passage, il corrige les évidences. Deuxième passage, il affine. Troisième passage, il stabilise. Ça améliore nettement un texte, mais ça ne transforme pas systématiquement un brouillon DYS en texte “zéro faute”.
Et surtout, même après une correction complète dans Grammarly, il me restait encore des erreurs quand je repassais le texte dans Antidote. Ça ne veut pas dire que Grammarly est mauvais. Ça veut dire qu’en français, on est encore sur une maturité inégale. Pour un usage “document à enjeu” (dossier administratif, courrier sérieux, texte scolaire noté), Grammarly ne remplace pas encore un outil français très robuste.
L’autre différence, c’est la pédagogie. Antidote explique. Il donne des indices, des règles, et parfois il te dit clairement qu’il n’arrive pas à analyser la structure d’une phrase. Ce signal est précieux : il te prévient que tu dois d’abord reconstruire la phrase, sinon tu risques de corriger quelque chose qui n’exprime plus ton intention. Grammarly est plus direct : il souligne, propose, et si la proposition ne te convient pas, tu peux te sentir un peu seul face au texte. Pour progresser, Antidote garde l’avantage. Pour aller vite, Grammarly garde l’avantage.
Reformulation, traduction, école et confidentialité, les points à traiter sans détour

La reformulation intégrée de Grammarly, c’est le “wow effect”. Tu peux rendre un mail plus clair, raccourcir un paragraphe, adoucir une phrase, sans ouvrir une autre fenêtre. Pour les adultes DYS, c’est très agréable au quotidien.
Mais il y a deux risques à garder en tête. Un : la reformulation peut changer légèrement l’intention, rendre le texte trop formel ou ajouter une nuance non voulue. Deux : comme toute IA, Grammarly peut produire une phrase impeccable sur la forme, mais discutable sur le fond. Donc oui à la reformulation. Mais toujours avec une relecture finale.
En contexte scolaire, il y a un blocage fréquent : Grammarly est un service en ligne. Sans connexion, l’intérêt chute fortement. Et à l’école, entre le wifi incertain, les règles et les examens, c’est rarement un terrain “confort”. Résultat : pour les enfants et ados, Grammarly est compliqué comme outil principal. À l’inverse, des outils plus orientés français, avec des fonctions locales selon l’installation, sont souvent plus fiables.
Dernier point, à dire clairement à une famille : Grammarly traite ton texte pour te proposer des suggestions. Cela implique de réfléchir à ce qu’on colle dans l’outil. Même recommandation que pour tout assistant IA : pas de données sensibles, pas d’infos perso ou médicales, prudence sur les documents confidentiels.
Verdict Dysclick, à qui je le conseille et à qui je l’évite
Aujourd’hui, en français, je ne positionne pas Grammarly comme l’outil principal pour une dysorthographie marquée. La correction française est encore inégale et les fragilités de remplacement sur certains éditeurs peuvent devenir contre productives.
En revanche, je le recommande plus volontiers si tu es adulte DYS et que :
- tu écris beaucoup de micro-textes (mails, messages, posts),
- tu veux une aide partout sans copier coller,
- tu es prêt à corriger en plusieurs passes,
Pour les enfants et ados, je reste réservé : internet, règles scolaires, et besoin d’un correcteur français très stable. Dans ce cas, Grammarly n’est pas une bonn option.
Si tu hésites entre “assistant de rédaction” et “outil de correction”, j’ai aussi testé l’option ChatGPT face à Antidote ici : ChatGPT peut-il remplacer Antidote pour la correction orthographique ?
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