Aménagements examens DYS 2026 : ce qui change

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Pour 2026, la circulaire sur les aménagements d’examens change plusieurs règles. Certaines mesures progressent, mais d’autres sont réduites ou disparaissent, surtout pour les élèves DYS concernés par l’oral, les langues vivantes et certains parcours fragilisés.

Le point critique reste l’application : consignes floues, validations tardives, et contrôle continu déjà entamé sans aménagements. Ici, je résume ce qui change, ce qui inquiète, et quoi faire maintenant pour sécuriser les aménagements avant qu’il ne soit trop tard.

Pour situer le cadre officiel, tout part de la circulaire publiée au Bulletin officiel : circulaire MENE2506522C (BO du 21 août 2025). Sur le papier, l’idée est la « simplification » : des annexes actualisées et un formulaire par diplôme. En réalité simplifier un formulaire ne suffit pas si, en même temps, on rabote des aménagements qui compensaient des difficultés très concrètes.

Les avancées qui font souffler

Le communiqué met en avant plusieurs points qui peuvent améliorer le vécu des élèves DYS le jour J.

Neutraliser la lecture à voix haute à l’oral de français : pour certains élèves dyslexiques et dysphasiques, la lecture à voix haute peut transformer une épreuve de compréhension en épreuve de décodage sous pression. L’idée que cette lecture puisse être neutralisée, tout en gardant la logique de l’évaluation (situer le texte, comprendre le parcours, argumenter), est plutôt rassurante.

Ne pas pénaliser l’orthographe et la “qualité rédactionnelle” dans la notation : c’est une revendication ancienne. Et c’est le genre de mesure qui change tout sur une copie. Parce que quand tu as des idées, une structure, des connaissances… mais que l’orthographe se met en travers comme des cailloux dans les chaussures, tu finis par perdre des points qui n’ont rien à voir avec le fond.

Une aide humaine plus claire avec l’AESH : le fait que l’assistance d’un AESH apparaisse dans les textes peut éviter des situations absurdes le jour de l’examen (l’élève qui découvre une personne inconnue, un fonctionnement différent, et perd du temps à s’adapter au lieu de répondre).

Réduction du nombre de textes pour l’épreuve de français au bac : l’adaptation existait, mais le fait qu’elle soit mieux formalisée peut aider à la faire appliquer plus régulièrement, sans discussion interminable.

Ce qui inquiète la communauté

Là où on tire la sonnette d’alarme, c’est sur des mesures qui disparaissent ou se retrouvent « compressées ».

Le grand oral et les troubles du langage oral : avant, des adaptations pouvaient faciliter l’échange (transcription écrite, réponses brèves par écrit, mesures favorisant la communication). La nouvelle version semble réduire cela à une mention plus minimaliste de transcription écrite. Or, dans un oral, la communication n’est pas juste une question de contenu : c’est aussi la vitesse, l’accès aux mots, la gestion du stress, la compréhension des questions en temps réel.

DNB ( DIPLOME NATIONAL DU BREVET) : la dispense totale de langue vivante qui n’existe plus (pour les candidats scolaires) : c’est un point très sensible, parce que certains profils DYS ont une vraie difficulté en phonologie, discrimination auditive, mémorisation du lexique et automatisation. Et là, on touche à quelque chose de simple : tu peux travailler, t’accrocher, avoir des stratégies… et pourtant rester en grande difficulté sur une partie de l’évaluation.

Conservation des notes sur 5 ans : la disparition de ce type de possibilité peut pénaliser des parcours déjà fragilisés par la fatigue, la lenteur, ou des années scolaires “en escalier” (tu avances, tu rattrapes, tu recommences).

Le contrôle continu : une bonne idée… si les aménagements suivent

Le contrôle continu peut être une respiration : évaluer plus souvent, sur des temps plus courts, sans la montagne stressante de l’épreuve terminale. Sauf que la réalité décrite est très parlante : beaucoup d’élèves n’ont pas leurs aménagements validés assez tôt, donc ils passent une bonne partie de l’année à être évalués sans compensation.

Petit exemple vécu (et tellement courant) : un élève a droit au tiers-temps et à l’ordinateur, mais l’autorisation arrive au troisième trimestre. Résultat : en contrôle continu, il a déjà eu une série de contrôles de français « à la main, en vitesse, avec l’orthographe qui tombe comme une pluie fine ». Sur la note finale, ça laisse des traces.

Quand on propose le CFG “à la place” du DNB : malaise

Autre alerte rapportée : des familles se verraient proposer que leur enfant passe le CFG ( CERTIFICAT DE FORMATION GÉNÉRALE) plutôt que le DNB ( DIPLOME NATIONAL DU BREVET) “vu sa situation de handicap”. Attention, chaque parcours est singulier, et le CFG peut être adapté à certains élèves. Mais ce qui questionne, c’est le glissement quand la proposition ressemble à une mise à l’écart, ou à une solution de gestion.

En clair : si un élève suit une voie générale, a travaillé, a des acquis, et qu’on change la trajectoire pour des raisons qui ne sont pas pédagogiques, ça peut être vécu comme une disqualification. Sur l’estime de soi, ça tape fort.

Ce que tu peux faire dès maintenant (sans te noyer)

On ne va pas se mentir : les démarches peuvent être longues. Alors l’idée, c’est de s’organiser “en petites marches” plutôt que de viser la perfection.

Checklist simple :

• Identifier les aménagements qui fonctionnent déjà en classe (ordinateur, dictée vocale, lecture par synthèse vocale, temps majoré, consignes reformulées).
• Demander que ces aménagements soient posés par écrit dans le PAP/PPS, et révisés si besoin en équipe éducative.
• Anticiper les délais : relancer tôt, garder des traces (mails, comptes rendus).
• Préparer l’élève à expliquer ses besoins en 30 secondes : le jour d’un examen, c’est un superpouvoir.

Conclusion : on avance, mais on reste vigilants

Oui, certaines mesures vont dans le bon sens (lecture à voix haute neutralisée, orthographe moins pénalisante…). Mais retirer ou réduire des adaptations déjà en place, c’est remettre les élèves DYS sur une ligne de départ plus loin que les autres.

Et toi, tu en es où avec les aménagements pour 2026 ? Tu as déjà vu des changements dans ton établissement, ou des consignes floues ? Raconte en commentaire : ça aide toujours de comparer nos réalités… et de se sentir moins seul face aux formulaires.

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