Bac de français (écrit + oral ) : méthodes et astuces pour DYS

Temps de lecture : 19 minutes

Le Bac de Français, passé en fin de Première, est souvent un grand défi pour les élèves DYS. Au programme : une épreuve écrite d’analyse de texte ou de dissertation, et une épreuve orale où il faut présenter des lectures et échanger avec le jury. Quand on est dyslexique, dysorthographique ou dyspraxique, lire des romans entiers et écrire une dissertation en bon français peut sembler mission impossible. Mais rassurez-vous : avec les bonnes stratégies d’organisation, de méthodologie et quelques outils adaptés, nos élèves DYS peuvent non seulement s’en sortir, mais aussi briller à cet examen. 🙌

Ce guide de survie vous propose des conseils concrets pour aborder sereinement le Bac de Français, en tenant compte des particularités DYS. Comment s’organiser dans les révisions ? Quelles astuces pour la lecture des œuvres quand on est dyslexique ? Comment faire un brouillon efficace malgré la dyspraxie ? Quelles techniques de mémorisation pour une mémoire défaillante ? Comment gérer l’écrit, l’orthographe, et l’oral (trac, formulation de la problématique) ? Nous répondrons aussi à une foule de questions pratiques posées par des élèves DYS, afin d’évacuer toutes les inquiétudes courantes sans tabou. Pas de discours culpabilisant ici, juste du pragmatique et du soutien pour que chaque jeune aborde le Bac de Français en confiance. C’est parti pour nos conseils de terrain !

Si vous hésitez sur ce que recouvrent dyslexie, dysorthographie, dyspraxie ou dysphasie, commencez par le Guide des Troubles DYS : Dyslexie, Dyspraxie …. Ça aide à choisir les bonnes stratégies sans tout tester au hasard.

S’organiser avec un Profil DYS : Anticipation et Méthodes Douces

1. Commencer tôt les lectures obligatoires : Les élèves dyslexiques le savent, lire un livre de 300 pages peut prendre un temps fou. Ne laissez pas votre ado commencer Madame Bovary une semaine avant l’écrit ! Idéalement, répartissez les lectures des œuvres intégrales sur l’année, voire démarrez pendant l’été précédent la Première. Faites un planning de lecture très en amont, avec des objectifs modestes mais réguliers (ex : 10 pages par jour). Ainsi, l’élève ne se retrouvera pas submergé la veille de l’examen. Utilisez des audiolivres en complément : écouter le roman lu à voix haute tout en suivant dans le texte aide beaucoup les DYS à comprendre et avancer. La plupart des œuvres au programme existent en livre audio Pour choisir rapidement une bonne source de livres audio (selon l’âge, le budget et les usages), j’ai listé des options ici : Les 10 Meilleurs plateformes de livres audio pour DYS. On peut aussi trouver des résumés audio sur YouTube ou des podcasts. Ce n’est pas tricher que d’écouter le livre au lieu de le lire intégralement soi-même : l’important est d’en saisir l’intrigue et les idées.

2. Utiliser des supports simplifiés et multimodaux : Pour chaque œuvre ou texte au programme, cherchez des ressources adaptées : versions abrégées, bandes dessinées de l’œuvre (il en existe pour pas mal de classiques), ou des fiches de lecture toutes prêtes. Par exemple, la collection “Petit Classique Larousse” propose des résumés chapitre par chapitre et explications de texte. Des sites comme SchoolMouv, JulesdeDVL ou Bacdefrancais.net offrent des analyses vulgarisées. Attention à ne pas se contenter du résumé : ce sont des béquilles, mais il faut aussi avoir un minimum de citations ou d’éléments précis en tête pour faire bonne impression. Une méthode efficace : après chaque chapitre lu (ou écouté), l’élève peut rédiger une fiche simplifiée avec les personnages principaux, les événements clés, les thèmes abordés. En écrivant lui-même en langage simple ce qu’il a compris, il consolide sa mémoire. S’il a du mal à écrire, il peut dicter sa fiche à l’oral (à un parent ou dans un enregistreur) et la faire transcrire ensuite – l’important est de reformuler avec ses mots. Si l’élève dicte ses fiches ou ses brouillons, la dictée vocale peut faire gagner beaucoup de temps au quotidien. Exemple concret ici : Reconnaissance vocale Gratuite avec Chat GPT

3. Mettre à profit les points forts cognitifs : Beaucoup de DYS ont une pensée visuelle ou arborescente. Exploitez-la ! Par exemple, utilisez des cartes mentales (mind maps) pour résumer une œuvre littéraire ou un courant littéraire. Placez le titre au centre, puis des branches pour personnages, thèmes, contextes, etc. Ajoutez des dessins ou pictogrammes pour imager les concepts (une balance pour symboliser la justice si c’est un thème du livre, etc.). Cette représentation visuelle aide à mieux comprendre et retenir, et elle peut être faite en famille de façon ludique. De même, si l’élève a une bonne mémoire auditive, encouragez-le à se réciter à haute voix les définitions ou les plans de texte. Certains dyslexiques mémorisent mieux en écoutant qu’en lisant, donc pourquoi pas s’enregistrer en train de faire le résumé d’une œuvre, puis réécouter l’enregistrement comme on écouterait une chanson. Ça change du support visuel et ça renforce l’apprentissage. Si vous voulez une méthode simple pour faire des cartes mentales d’œuvres, de mouvements et de plans, suivez Boostez l’Apprentissage avec les Mind Maps : Un Guide pour les DYS

4. Éviter la surcharge et la fatigue cognitive : L’organisation, c’est aussi savoir doser. Un élève DYS se fatiguera plus vite sur un exercice de lecture ou d’analyse. Mieux vaut étaler les révisions en petites séances quotidiennes (20-30 minutes efficaces) plutôt que des après-midis marathon qui le laisseront épuisé. Utilisez la technique du pomodoro (25 minutes de travail, 5 minutes de pause) pour garder de la fraîcheur. Prévoyez des pauses actives entre deux matières : un peu d’exercice physique, une collation, un moment de détente (lire un texte plaisant, dessiner le cours…). Ainsi, l’élève maintient sa concentration sans saturer.

Contourner les Obstacles en Écriture et Analyse

Avant de parler méthode, vérifiez le cadre d’aménagements déjà en place, car il conditionne l’ordinateur, le temps majoré ou l’aide humaine. Point de départ ici : Aménagements scolaires DYS : loi, PAP, PPS, MDPH

Passons aux spécificités par trouble et comment y faire face :

  • Dyslexie / Dysorthographie (troubles de la lecture/orthographe) : La difficulté majeure est la décodage du texte et l’orthographe. En analyse littéraire, un dyslexique peut louper des nuances ou mal lire une phrase clé. Solutions : pendant l’examen écrit, l’élève peut (si autorisé) utiliser la syntèse vocale – par exemple, s’il compose sur PC, il peut faire lire le sujet par l’ordinateur. En classe, entraînez-vous à bien surligner les mots importants du sujet pour compenser les confusions visuelles. Apprenez-lui à repérer les mots-clés (ex : “comment” / “montrez que”) et à reformuler la consigne pour être sûr de l’avoir comprise. Sur l’orthographe, en épreuve écrite, qu’il essaie de simplifier son style pour limiter la casse : mieux vaut des phrases courtes, un vocabulaire qu’il sait écrire, que de se lancer dans une tournure alambiquée avec trois fautes par mot. Souvent, la note de langue ne pénalisera pas outre mesure le dysorthographique (et désormais, on ne compte plus ses fautes dans la note, en théorie). Mais il faut quand même que la copie reste compréhensible. Entraînez-le à se relire en se concentrant sur 2-3 fautes récurrentes (par ex., les accords basiques qu’il peut rectifier). Pour le brouillon, s’il a du mal à lire ce qu’il écrit lui-même (courant chez les dys avec écriture lente et chaotique), encouragez-le à écrire en capitales d’imprimerie sur son brouillon ou à sauter des lignes pour mieux se relire. Ce n’est pas grave si son brouillon est partiel, l’important est la version finale.
  • Dyspraxie (troubles du geste / de l’organisation spatiale) : Ici le problème est d’écrire à la main lisiblement et d’organiser les idées. Un dyspraxique bénéficiera fortement de l’utilisation d’un ordinateur (Si l’ordinateur est envisagé pour l’écrit, voici la procédure et les points de vigilance : Aménagements DYS : passer le Bac sur ordinateur) pour l’écrit. S’il doit écrire à la main, qu’il adopte des astuces : utiliser un stylo ergonomique, écrire sur des lignes bien marquées, peut-être utiliser du papier à gros carreaux (type Seyès 3mm) pour se guider. Il peut s’entraîner à structurer son brouillon en tableau par exemple (colonne idées, colonne exemples). La dyspraxie s’accompagne parfois d’une pensée confuse : la carte heuristique est un bon outil ici pour le plan, car il pourra étaler visuellement ses idées sans se perdre dans des lignes de texte. Ensuite seulement il linéarisera en un plan détaillé. En oral, le dyspraxique peut avoir du mal avec le langage non-verbal (regard, gestes). Ce n’est pas éliminatoire : on n’attend pas une performance de théâtre, juste une communication claire. Il peut prévenir l’examinateur en début d’oral qu’il a des troubles praxiques s’il le souhaite (sans rentrer dans les détails techniques). Le jury alors ne tiendra pas rigueur d’un manque de contact visuel par exemple, et se concentrera sur son propos.
  • Dysphasie (troubles du langage oral) : En vue de l’oral du Bac, un élève dysphasique doit travailler la structuration de son exposé et la prononciation de certains mots. A l’oral de français, ils disposent heureusement d’une préparation écrite de 20 minutes. L’astuce pour eux : utiliser cette préparation pour écrire les mots-clés de chaque partie, et éventuellement préparer des phrases d’introduction et de conclusion toutes prêtes (par écrit, car à l’oral spontané ils pourraient chercher leurs mots). Ils peuvent demander l’aménagement d’un temps supplémentaire en oral ou de pouvoir répondre par écrit à certaines questions (c’était prévu pour le Grand Oral dans une note de 2020, mais cela a été restreint – on peut toujours tenter de le demander si la dysphasie est sévère). En tout cas, un dysphasique doit absolument s’entraîner à l’oral en conditions réelles à l’avance : jouer la scène avec un proche ou un prof, pour apprivoiser le stress et l’élocution. Apprendre à parler lentement, articuler, marquer des pauses pour chercher ses mots sans stress – ce sont des techniques qui s’apprennent.
  • TDAH (Trouble de l’attention/hyperactivité) : Ces élèves ont du mal à rester concentrés longtemps, et à organiser leurs idées sans digressions. Pour eux, la clé est de canaliser l’attention. Astuces : travailler avec un minuteur lors des devoirs pour se conditionner à rester sur la tâche pendant 15 minutes sans bouger, puis petite pause bouger, etc. Le jour de l’épreuve écrite, un TDAH aura peut-être l’aménagement de composer seul en salle – si oui, c’est idéal pour éviter les distractions. Sinon, des bouchons d’oreilles (simples, en mousse) peuvent l’aider à faire abstraction du bruit de fond, c’est souvent toléré (il peut demander au surveillant). Pour les révisions, le TDAH doit privilégier des séances courtes et variées, et utiliser des supports ludiques pour éviter l’ennui : par exemple, transformer les révisions en quiz (style QCM) qu’il peut faire en ligne ou avec un proche pour le côté stimulant. Sur le plan de l’écrit, l’élève TDAH peut avoir des idées partant dans tous les sens : on conseille de faire un plan très détaillé au brouillon avant d’écrire, et de s’y tenir. Il peut se relire en s’assurant que chaque paragraphe répond bien au sujet et que rien d’inutile ne s’est glissé (les esprits vifs ont tendance à digresser sur un détail hors sujet). Apprendre à se relire en plusieurs passes ciblées peut aider : une relecture pour vérifier le sens (suis-je hors sujet quelque part ?), une pour l’orthographe, etc., histoire de se concentrer sur un aspect à la fois.

Ces aménagements ne sont pas automatiques, et les délais peuvent piéger. Pour éviter le stress de dernière minute, voir Aménagements d’examen : ne ratez pas la demande avant fin 2025

Stratégies Concrètes pour Réussir l’Écrit

L’épreuve écrite du Bac français dure 4h et consiste soit en un commentaire de texte, soit en une dissertation, ou parfois une écriture d’invention selon les séries (pour les séries générales c’est commentaire ou dissert). Voici comment un élève DYS peut s’y prendre :

Construire un Brouillon Efficace

Le brouillon est l’allié numéro 1. Il permet de structurer sa pensée avant de se lancer dans la rédaction au propre. Pour un élève DYS, c’est encore plus crucial, car improviser à la volée expose à des oublis ou des confusions.

  • Lire le sujet et reformuler : Au brouillon, commence par réécrire le sujet avec tes mots. Par exemple, si le sujet dit « En quoi ce texte évoque-t-il la fuite du temps ? », tu notes « Comment ce texte parle du temps qui passe ? ». Cette reformulation te garantit que tu as bien compris la question.
  • Brainstorming libre : Note ensuite en vrac toutes les idées qui te viennent sur le texte ou le thème. Peu importe l’ordre, utilise des mots-clés ou de petites phrases. Pour un DYS, il peut être utile de faire ce vrac sous forme de carte mentale sur le brouillon : le sujet au centre, puis autour des bulles “idées”, “exemples du texte”, “ressenti personnel”, etc. Par exemple, pour un commentaire, tu peux faire une branche par axe de lecture (si tu les devines), ou pour une dissertation une branche par argument.
  • Structurer en plan : Reprends ce qui est noté et organise-le. Entoure ou surligne les idées qui te semblent aller ensemble. Numérote-les : 1, 2, 3 pour l’ordre logique. Le plan le plus simple en commentaire, c’est souvent deux ou trois parties qui suivent la progression du texte. En dissertation, c’est thèse / antithèse / synthèse généralement. Si tu as du mal à structurer, utilise un tableau : colonne 1 = “Partie I : idée générale”, colonne 2 = “exemples ou citations à mettre”, colonne 3 = “analyse / explication”. Renseigne ton tableau avec tes notes en vrac. Très vite tu verras les cases vides qu’il faut compléter (ex : pas d’exemple pour telle idée ? Cherche dans le texte un élément, ou alors abandonne l’idée).
  • Simplicité du plan : Pas la peine de faire un plan tarabiscoté style I.A.1.b… Contente-toi de 2 parties bien solides si tu es plus à l’aise (il vaut mieux 2 parties bien développées que 3 bâclées). Un plan en 2 axes peut très bien convenir à un commentaire. Indique sur ton brouillon clairement la problématique (la question centrale à laquelle tu réponds) et l’annonce du plan. Pour trouver la problématique, demande-toi “Quelle est l’idée principale que je veux montrer ?” – par exemple “Ce texte montre que le temps passe inéluctablement et que l’homme en souffre”. De là, tu peux formuler une question englobant ça (ex : “Comment l’auteur exprime-t-il la douleur du temps qui passe ?”). C’est souvent le plus dur, mais garde-la simple et claire.
  • Timing brouillon : Attention de ne pas y passer 3h sur 4 ! Avec des troubles DYS, tu auras possiblement du temps supplémentaire, mais répartis-le bien. Je conseille environ 1h à 1h15 pour lecture du texte + brouillon/plan (sur 4h standard). Si tu as 5h30 (avec tiers-temps), tu peux mettre 1h30 au brouillon. Au-delà, tu risques de manquer de temps pour rédiger. Entraîne-toi lors des devoirs à respecter ce calibrage.

Rédiger avec Clarté et Méthode

Une fois le plan prêt, la rédaction doit être abordée avec quelques réflexes :

  • Introduction béton : Pour un élève DYS, l’intro est un passage délicat (il faut soigner l’expression). Tu peux préparer des tournures à l’avance. Par exemple, toujours commencer par : “Le corpus proposé nous présente…” ou “Dans cet extrait de … publié en …, l’auteur aborde le thème de …”. Avoir ce squelette évite l’angoisse de la première phrase. Ensuite, place la problématique (que tu auras formulée clairement) et annonce du plan du style “Nous verrons d’abord… Puis dans un second temps…”. Astuce : tu peux même écrire ton introduction en dernier, après avoir rédigé le développement, ainsi tu sais exactement de quoi tu as parlé et tu peux la calibrer. Ça évite de promettre une partie que finalement tu n’as pas faite. Beaucoup de profs conseillent de la faire au début, mais si ça te bloque, skippe-la et reviens-y plus tard.
  • Paragraphes bien marqués : Aère ta copie, saute des lignes entre l’intro, chaque grande partie, et la conclusion. Numérote éventuellement tes parties I, II dans la marge si ça t’aide (ce n’est pas éliminatoire tant que c’est propre). Chaque paragraphe = une idée. Annonce l’idée en début de paragraphe par une phrase-thème, développe avec un exemple ou une citation du texte, explique pourquoi cet exemple illustre l’idée en question. Les profs appellent ça “un paragraphe argumentatif” : 1) idée, 2) exemple, 3) analyse. Si tu t’en tiens à ce schéma, tu resteras clair. Exemple : “D’abord, le poème met en avant la fuite irréversible du temps (idée). On le voit à travers le champ lexical de la temporalité : “jours”, “siècles”, “éternité” (exemples). Ces termes montrent que le poète se projette dans l’avenir et prend conscience que la vie humaine est courte face au temps cosmique (analyse).”
  • Utiliser des connecteurs logiques : Pour guider le lecteur et structurer ton propos, pense aux mots de liaison : d’abord, ensuite, par ailleurs, en effet, cependant, ainsi, donc… Mets-en, quitte à en mettre trop : ça charpente ton raisonnement. Une copie DYS parfois part dans tous les sens ; les connecteurs sont comme des pancartes sur la route qui disent “on tourne à gauche”, “on continue”. Ils aideront même ton correcteur à te suivre si ton écriture est un peu maladroite. Tu peux faire une liste des connecteurs à apprendre et essayer de les placer en contexte.
  • Alléger la tâche d’écriture : Si tu écris à la main, utilise des abréviations au brouillon mais pas sur la copie finale (sauf des très connues comme “etc.”). À la main, n’hésite pas à sauter des lignes pour te relire plus facilement et pour rajouter un mot oublié au-dessus si besoin (c’est mieux vu que de baver en interligne serré). Sur la copie, tu peux écrire un peu plus gros que la normale si ça t’aide, du moment que c’est lisible et à peu près 30 lignes par page. Si tu as le droit à l’ordi, profite du correcteur pour repérer les fautes mais n’appuie pas forcément sur toutes les suggestions – parfois Word se trompe. Concentre-toi sur celles que tu sais pertinentes.
  • Conclusion courte et soignée : Pas besoin qu’elle soit longue. En 3-4 phrases, rappelle l’essentiel (sans répéter mot pour mot). Par ex : “Ainsi, à travers les deux aspects que nous avons étudiés – la peinture d’un paysage automnal et la réflexion philosophique –, Baudelaire exprime la douloureuse fuite du temps qui obsède l’homme. Ce poème illustre bien la sensibilité du romantisme face au temps et à la mort.” Finis éventuellement par une petite ouverture (une question, ou un lien avec une autre œuvre connue) uniquement si tu la maîtrises. Sinon, pas d’ouverture du tout, c’est acceptable aussi.
  • Relis-toi intelligemment : En fin d’épreuve, si tu as 10-15 minutes, fais une relecture efficace. Par exemple, relis chaque introduction de partie : est-ce que ça répond au sujet ? Parfois, les DYS en voulant éviter les fautes se relisent du mot à mot et ratent un contresens qu’ils ont écrit. Prête attention aux noms propres (a-tu bien orthographié le nom de l’auteur ? c’est bête de perdre un point de présentation là-dessus). Vérifie les verbes : les accords les plus faciles (singulier/pluriel) tu peux en corriger quelques-uns si tu les vois. Ne rature pas trop : si c’est lisible, laisse. En changeant 50 choses tu risques d’introduire des nouvelles fautes.

Mieux Comprendre et Mémoriser les Textes

La littérature de Première est riche et parfois ardue (poésie du XIXe, théâtre du XVIIe…). Pour un élève DYS, comprendre ces textes peut nécessiter quelques ruses :

  • Adapter la police et la présentation : Si l’élève a accès aux textes sur support numérique (par ex. le prof envoie un PDF), n’hésitez pas à modifier la police (mettez OpenDyslexic ou Verdana, taille 14), et à aérer le texte (interlignes de 1.5, marges). Cela réduit la gêne visuelle pour dyslexiques. Imprimez-le sur papier de couleur douce (crème, bleu clair) si le blanc l’éblouit – c’est prouvé que certains dys lisent mieux sur fond coloré (on peut aussi utiliser une réglette ou filtre coloré). Ce sont des aménagements officieux qui aident au quotidien. À l’examen, les sujets peuvent être demandés en format agrandi ou adapté, mais en classe déjà faites-le, c’est du confort en plus.
  • Décortiquer le vocabulaire : Un gros obstacle en français, c’est le lexique ancien ou soutenu. Constituez avec l’élève un glossaire des mots difficiles rencontrés dans chaque texte étudié. Par exemple, s’il voit “bruire”, “cithare” dans un poème, notez la définition à côté. Utilisez des images pour illustrer les mots nouveaux (Google Images est votre ami : une image vaut mille mots pour mémoriser un “navire” ou une “colombe”). Faites des cartes de vocabulaire visuelles : au centre le mot, autour des dessins ou des synonymes plus simples. Cela peut aider à les retenir.
  • Relier les notions à du concret : Les figures de style et notions littéraires (métaphore, tragédie, réalisme, etc.) sont parfois abstraites. Trouvez des exemples concrets qui parlent au jeune. Par exemple, pour “métaphore”, prenez une métaphore moderne d’une chanson qu’il aime et expliquez-lui. Pour “tragique”, comparez la fatalité d’Œdipe à un scénario de film actuel qu’il connaîtrait. Plus il crée de liens avec ce qu’il connaît, mieux il intègre le concept. N’hésitez pas à mimer ou jouer des passages pour incarner un concept (par ex, jouer une scène de théâtre tragique en exagérant, ça marque la mémoire).
  • Utiliser la mémoire kinesthésique : Beaucoup d’élèves DYS retiennent mieux en bougeant. Pour mémoriser une liste (les œuvres et auteurs par ex.), on peut associer chaque item à un geste ou une position dans la pièce. Ex : “Musset, Lorenzaccio – je lève le bras en pensant aux révolutions (signe de protestation)” ; “Molière, Dom Juan – je pointe le doigt comme Dom Juan envers le Commandeur”. Ça peut paraître farfelu, mais l’ancrage gestuel aide à fixer l’info dans le cerveau. De même, dessiner un petit croquis humoristique pour chaque œuvre (ex: un petit dom Juan qui courtise une dame) peut créer un crochet mémoriel.
  • La répétition espacée : Technique classique mais qui marche, surtout si la mémoire est faible. On révise un texte J+0 (le jour même où il a été vu en cours), puis on y revient J+1 pour voir ce qu’on a retenu, puis J+7, puis J+30. À chaque fois en quelques minutes, on relit la fiche ou on refait le quiz. Cela fixe les connaissances durablement plutôt que tout revoir la veille de l’épreuve (contre-productif pour un DYS qui stress déjà). De nombreux outils (comme Anki, ou des flashcards papier) peuvent être utilisés pour cette répétition espacée.

Gérer l’Oral de Français : De la Lecture à l’Entretien

L’oral de français (coef important) consiste en deux parties : l’exposé (12-15 min) sur un texte choisi par l’examinateur parmi la liste étudiée, et l’entretien (env. 8 min) où on discute d’une œuvre choisie par l’élève et de questions plus larges. Voyons comment s’y préparer quand on est DYS :

  • Soigner la liste des textes : En fin d’année, le prof constitue une liste de ~16 textes étudiés en classe. Astuce : si possible, identifiez avec le prof lesquels conviennent mieux à l’élève DYS. Par exemple, s’il y a un texte très long et complexe où il bute, et un autre plus court et accessible, le prof peut éventuellement choisir l’un plutôt que l’autre (dans le respect du programme). Les aménagements 2025 permettent de réduire le nombre de textes pour les élèves à besoins particuliers – concrètement, l’enseignant peut décider que sur les 16 textes officiels, seul un sous-ensemble sera exigible pour cet élève. Discutez-en en amont : si l’académie a validé cette adaptation, c’est un gros soulagement (par ex., n’avoir que 10 textes au lieu de 16 à maîtriser).
  • Apprendre à formuler une problématique : L’exposé oral consiste à présenter le texte via une problématique (question directrice) et un plan analytique. Les élèves DYS peuvent s’arracher les cheveux sur ce concept. Simplifiez-lui : la problématique, c’est “la grande question à laquelle répond l’analyse du texte”. On peut la trouver en se demandant « Quel est le message principal du texte ? Qu’est-ce qui fait son intérêt ? ». Par exemple, sur un texte sur la nature : “Comment l’auteur fait-il de la nature un reflet de ses émotions ?”. Pour s’entraîner, prenez chaque texte de la liste et essayez ensemble de formuler en une phrase LA question qu’il traite. Pas besoin d’une tournure compliquée : il vaut mieux une question simple et claire qu’une question alambiquée apprise par cœur et récitée de travers. Exercice : l’élève tire un texte au sort et doit dire spontanément “ce texte parle de…” en quelques mots. À partir de ça, construisez la problématique.
  • Oral = théâtre : Même s’ils sont mal à l’aise, les élèves DYS gagneraient à mettre un peu de vie dans leur prestation. Travaillez la lecture expressive (même si en dyslexie c’est dur – d’ailleurs, s’il a l’aménagement de ne pas lire le texte à voix haute, tant mieux). S’il doit lire, qu’il s’entraîne sur chaque texte avec l’appui audio : écouter une version lue par quelqu’un pour choper le rythme, puis répéter. Pour l’exposé, encouragez-le à parler debout lors des entraînements, pour que la voix porte. Un petit truc pour l’aider à gérer sa voix : lui apprendre à respirer profondément avant de commencer, parler pas trop vite (il peut s’entraîner avec un métronome ou un tic-tac d’horloge pour ralentir).
  • Se faire des antisèches mentales : À l’oral, difficile d’avoir ses fiches en main (certains examinateurs tolèrent un plan très bref sous les yeux, d’autres non). Donc l’élève doit avoir en tête un schéma de ce qu’il va dire sur chaque texte. La carte mentale est idéale pour ça : en visualisant sa mind map “texte 1”, il revoit ses branches (I/II). On peut associer chaque partie à une image forte pour la retrouver en mémoire. Par exemple, pour se souvenir qu’il doit parler du “champ lexical de la guerre” dans la partie II, il imagine un petit soldat sur sa carte mentale. Le jour J, en voyant le texte, l’image du soldat lui revient – hop, partie II. Ce sont des techniques de mémoire un peu particulières, mais qui marchent bien avec les jeunes qui ont une pensée en images.
  • Exploiter l’oral pour compenser l’écrit : Par bonheur, à l’oral, pas d’orthographe ni d’écrit ! Un élève dysorthographique peut donc se “rattraper” en montrant qu’il a compris les œuvres même si à l’écrit c’était dur. Dites-lui de s’exprimer sans complexe, même s’il fait des fautes de langage, ce n’est pas très grave tant que les idées sont là. Les examinateurs sont en général bienveillants à l’oral, ils cherchent à voir si l’élève a des choses à dire. Qu’il se lance, quitte à reformuler : “je m’exprime pas très bien mais je veux dire que…”. Mieux vaut ça que de se taire. On évalue certes l’aisance à l’oral, mais on ne va pas sanctionner un petit bégaiement ou une recherche de mot si le contenu est intéressant.
  • Préparer l’entretien : La 2ᵉ partie de l’oral porte sur l’œuvre choisie par l’élève (ex : le roman qu’il a lu en lecture cursive) et des questions de grammaire ou de langue. Pour l’œuvre, l’élève DYS doit vraiment bien connaître celle qu’il choisit. Souvent, ils prennent un livre qu’ils ont apprécié ou un thème qui les touche. Là, il faut qu’il lise (ou écoute) ce livre en entier, éventuellement voie son adaptation filmique si existante, et prépare un petit résumé oral de 2 minutes (intrigue, personnages principaux, ce qu’il en a pensé). On peut lui faire un jeu de rôle de l’examinateur : pose-lui des questions bateau (“Qu’est-ce que vous avez aimé dans ce livre ?”, “Quel personnage vous a marqué ?”). Entraîne-le à répondre de façon structurée (éviter “oui/non”, il faut développer). S’il craint la question de grammaire (ex : “dans la ligne 8, pourquoi tel verbe est au subjonctif ?”), qu’il révise quelques bases avec son prof de français en amont, mais là j’avoue c’est plus difficile à improviser. Cependant, ces questions linguistiques ne font pas tout l’entretien, et souvent l’examinateur oriente sur le fond. Dites-lui que s’il sèche sur une question, il peut demander poliment une reformulation ou avouer qu’il ne sait pas cette notion mais essayer de dire quelque chose d’approchant. Ce n’est pas éliminatoire de ne pas savoir un point, c’est la globalité de l’échange qui compte.
  • Gestion du stress : L’oral est impressionnant, mais rappelons aux élèves DYS que le jury n’est pas là pour les enfoncer. Au contraire, beaucoup de profs examinateurs essayent de mettre à l’aise le candidat (ils peuvent sourire, relancer gentiment). Donc il faut voir ça comme un dialogue plus qu’un interrogatoire. Conseillez-le de prendre son temps : il a le droit de réfléchir quelques secondes avant de répondre, ou de dire “pouvez-vous répéter la question ?”. S’il panique, qu’il n’hésite pas à respirer un grand coup et à le dire : “désolé, je suis un peu stressé”. Les examinateurs sont humains, ils comprendront et parfois répéteront la question plus doucement.

Se préparer au bac de français avec l’IA (ChatGPT, NotebookLM)

L’IA ne remplace pas le travail. Elle le rend plus faisable pour un élève DYS, en réduisant la charge de lecture, d’organisation et de rédaction.

Ce que ChatGPT peut aider à faire, concrètement

  • Comprendre un texte plus vite, reformulation en français simple, explication des idées, vocabulaire difficile.
  • Transformer un cours en fiches courtes, quiz, flashcards, cartes mentales, planning de révision.
  • Préparer une méthode, exemple construire un plan, améliorer une intro, clarifier une problématique, corriger une rédaction dictée.
  • S’entraîner avec des questions de type bac, avec correction et conseils.

Pour l’oral, j’ai déjà un guide complet ici : Préparer l’oral du bac de français avec l’IA

Pour l’écrit, l’idée est la même, l’IA sert à structurer et à s’entraîner, pas à produire une copie à recopier.

NotebookLM, très utile pour réviser

NotebookLM est souvent plus confortable que ChatGPT pour l’apprentissage. Tu lui donnes tes documents, cours, fiches, PDF, et il t’aide à résumer, retrouver une info, générer des questions de révision, sans partir dans tous les sens.

À lire : NotebookLM simplifie l’Apprentissage des DYS

Deux règles simples pour éviter les mauvaises surprises

  • Ne pas demander à l’IA d’inventer des citations ou des analyses sans source. On travaille à partir du texte et du cours.
  • Toujours vérifier les éléments “factuels” (mouvements littéraires, dates, définitions) avec le manuel ou le prof.

Si tu veux, je te propose 5 mini prompts ultra courts à coller dans l’article, adaptés “DYS” et orientés révisions, sans rentrer dans l’oral ni l’écrit.

Pour conclure

Pour conclure, le Bac de Français pour un élève DYS est un défi, mais certainement pas une fatalité. En exploitant toutes les astuces adaptées à son profil – qu’elles soient visuelles, auditives, kinesthésiques – et en bénéficiant des aménagements officiels (ordinateur, temps en plus, textes aménagés), l’élève peut réellement tourner ses difficultés à son avantage. Un dyslexique qui a développé une pensée très visuelle aura souvent des analyses originales en littérature, un TDAH aura parfois une créativité débridée qui enrichit son oral… Autant de forces cachées qu’il faut valoriser plutôt que brider.

Terminons ce guide par une foire aux questions compilant de vraies interrogations d’élèves DYS. Vous verrez, vous n’êtes pas seuls à vous poser ces questions, et il y a toujours une solution ou un conseil pour y répondre. Courage, vous pouvez le faire !

FAQ – Les Questions (Pas si) Bêtes des Élèves DYS sur le Bac de Français

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