Aide financière PCH : enfant DYS ou TDAH, conditions et montants

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Entre les séances, les déplacements, le matériel adapté et le temps passé à accompagner son enfant, les dépenses peuvent vite s’accumuler. Pourtant, beaucoup de familles connaissent l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé, mais ignorent qu’une autre aide financière peut parfois être demandée : la Prestation de Compensation du Handicap, plus souvent appelée PCH.

La PCH peut concerner certains enfants dyslexiques, dyspraxiques, dysphasiques, TDAH ou multidys, mais elle reste difficile à obtenir lorsque les difficultés concernent principalement les apprentissages scolaires. Elle vise surtout les situations où les troubles entraînent une perte d’autonomie importante dans la vie quotidienne : organisation, déplacements, communication, motricité, sécurité ou réalisation des activités habituelles.

Lorsqu’un enfant remplit ces critères, la PCH peut financer une aide humaine, certaines aides techniques, des transports ou d’autres dépenses directement liées au handicap. Le diagnostic seul ne suffit donc pas. C’est le retentissement concret sur l’autonomie qui détermine l’accès à cette aide.

Son attribution n’est toutefois jamais automatique. La Maison Départementale des Personnes Handicapées, la MDPH, ne se fonde pas seulement sur le diagnostic. Elle cherche à comprendre ce que l’enfant ne peut pas faire seul, ce qu’il réalise avec beaucoup de difficultés et les aides dont il a besoin au quotidien.

Que peut financer la PCH pour un enfant en situation de handicap ?

La PCH est une aide financière destinée à compenser une perte d’autonomie. Elle est attribuée par la Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées, la CDAPH, après évaluation du dossier par la MDPH. Elle est ensuite versée par le département.

D’après la fiche officielle consacrée à la PCH ( , elle peut couvrir cinq grandes catégories de besoins :

  • l’intervention d’une aide humaine ;
  • l’achat ou la location d’une aide technique ;
  • l’aménagement du logement ou du véhicule et certains surcoûts de transport ;
  • des charges spécifiques ou exceptionnelles liées au handicap ;
  • une aide animalière.

Pour un enfant DYS ou TDAH, la PCH concerne surtout les situations où les troubles provoquent une perte d’autonomie importante au quotidien. Les difficultés uniquement scolaires conduisent plus souvent vers un PAP, un PPS, une AESH, du matériel pédagogique adapté ou l’AEEH que vers la PCH.

La PCH n’est pas une prime versée simplement parce qu’un diagnostic a été posé. Chaque aide doit correspondre à un besoin identifié dans le plan de compensation de l’enfant.

Quelles conditions un enfant DYS ou TDAH doit-il remplir pour obtenir la PCH ?

Pour demander la PCH avant 20 ans, trois conditions doivent être réunies. L’enfant doit :

  • bénéficier de l’AEEH, l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé. Vous pouvez consulter notre guide sur l’AEEH et les aides financières pour un enfant DYS ;
  • ouvrir droit à un complément d’AEEH ;
  • remplir les critères de perte d’autonomie propres à la PCH.

La présentation officielle de la PCH pour les moins de 20 ans précise qu’il faut présenter soit une difficulté absolue pour au moins une activité du référentiel, soit une difficulté grave pour au moins deux activités.

Une difficulté est considérée comme absolue lorsque l’enfant ne peut pas réaliser l’activité sans aide. Elle est considérée comme grave lorsqu’il peut la réaliser, mais difficilement et avec un résultat altéré. Les difficultés doivent également être durables, avec une durée prévisible d’au moins un an.

Le référentiel ne regarde pas uniquement la toilette, l’habillage ou les déplacements. Il prend aussi en compte la motricité fine, la communication, l’orientation dans le temps et l’espace, la gestion de la sécurité, la maîtrise du comportement et la capacité à entreprendre plusieurs tâches successives.

Pour un enfant, chaque difficulté est comparée aux capacités habituelles d’un enfant du même âge. Un besoin d’aide normal à 6 ans ne sera donc pas évalué de la même manière à 10 ou 15 ans.

Autre point intéressant : la MDPH évalue ce que l’enfant est capable de faire sans tenir compte des aides déjà apportées. Un enfant qui semble autonome uniquement parce qu’un parent lui rappelle chaque étape, prépare ses affaires, structure ses activités ou reste constamment derrière lui peut donc avoir des difficultés qui méritent d’être décrites dans le dossier.

Pour un enfant DYS ou TDAH, le niveau de difficulté demandé reste élevé

Depuis 2023, les troubles cognitifs et les troubles du neurodéveloppement sont mieux pris en compte dans la PCH. Des difficultés à planifier une activité, commencer une tâche, gérer son temps, effectuer plusieurs actions successives ou utiliser les transports peuvent désormais être prises en compte.

Cela ne signifie pas pour autant qu’une dyslexie, un TDAH ou même un profil multidys ouvre facilement droit à la PCH.

Les décisions de justice montrent que des enfants présentant des troubles DYS ou un TDAH importants peuvent obtenir une AEEH, un PPS, une AESH ou d’autres aménagements scolaires tout en se voyant refuser la PCH lorsque leur autonomie reste suffisante dans les activités quotidiennes.

Une dyslexie ou une dysorthographie qui entraîne surtout des difficultés pour lire, écrire, apprendre les leçons ou suivre en classe a donc peu de chances, à elle seule, de remplir les critères de la PCH.

La demande devient plus pertinente lorsque les difficultés dépassent largement le cadre scolaire. Cela peut être le cas, par exemple, lorsque l’enfant a besoin d’une aide importante et durable pour organiser ses activités, commencer et terminer plusieurs tâches, se déplacer, utiliser les transports, gérer sa sécurité, communiquer, s’habiller ou effectuer certains gestes du quotidien.

Les troubles associés comptent également beaucoup. Une dyspraxie sévère associée à un TDAH, un trouble du langage, un trouble du spectre de l’autisme ou d’autres difficultés peut entraîner un retentissement beaucoup plus large qu’un trouble DYS isolé.

La bonne question à se poser avant de demander la PCH est donc moins quel diagnostic possède mon enfant que : quelles activités normales pour son âge ne peut-il pas réaliser seul, ou seulement avec de grandes difficultés ?

Comment la PCH prend-elle en compte les troubles cognitifs et les TND depuis 2023 ?

Depuis le 1er janvier 2023, les critères de la PCH prennent mieux en compte les altérations des fonctions mentales, psychiques ou cognitives et les troubles du neurodéveloppement.

La Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie cite notamment les difficultés à :

  • planifier et organiser une activité ;
  • commencer une tâche et la mener jusqu’au bout ;
  • gérer son temps ;
  • réaliser plusieurs actions successives ;
  • faire face à un imprévu ;
  • interagir avec les autres ;
  • utiliser les transports ;
  • traiter certaines informations sensorielles.

Cette évolution peut concerner des profils TDAH, TSA, dyspraxiques ou multidys lorsque les difficultés sont durables et importantes. Elle ne signifie pas que toutes les personnes ayant un TND obtiennent automatiquement la PCH.

Le soutien à l’autonomie consiste à accompagner la personne dans la réalisation de ses activités, sans tout faire à sa place. Le temps accordé peut atteindre trois heures par jour. Il est attribué sous forme d’un crédit temps qui peut être utilisé de manière souple sur une période de douze mois.

Un enfant pourrait, par exemple, avoir besoin d’un accompagnement renforcé pour préparer une sortie, suivre plusieurs étapes, utiliser un transport ou gérer une activité inhabituelle. La famille doit décrire précisément ces situations dans le dossier.

Quels sont les montants de la PCH pour un enfant DYS ou TDAH en 2026 ?

Le montant dépend de l’aide accordée et du mode d’intervention choisi. Les tarifs officiels vérifiés en juillet 2026 prévoient notamment les plafonds suivants pour l’aide humaine :

Type d’aide humaineTarif maximal à taux plein
Aidant familial sans réduction d’activité4,93 € par heure
Aidant réduisant ou abandonnant son activité7,40 € par heure
Emploi direct d’une personne19,92 € par heure
Service mandataire21,91 € par heure
Service prestataire agréé25 € par heure
ou tarif fixé avec le département

Ces tarifs sont des limites de prise en charge, pas des montants automatiquement accordés.

Quel montant de PCH peut recevoir un aidant familial en 2026 ?

Imaginons que la CDAPH reconnaisse un besoin de dix heures d’accompagnement par mois.

Avec un aidant familial qui ne réduit pas son activité professionnelle, le dédommagement théorique serait :

10 heures × 4,93 € = 49,30 € par mois.

Si l’aidant a dû réduire ou abandonner son activité professionnelle, le calcul pourrait atteindre :

10 heures × 7,40 € = 74 € par mois.

La MDPH peut retenir un nombre d’heures différent. Elle peut aussi considérer que certaines aides relèvent de la responsabilité parentale habituelle compte tenu de l’âge de l’enfant.

Quel montant de PCH finance l’emploi direct ou un service d’aide en 2026 ?

Pour dix heures mensuelles accordées avec emploi direct d’une tierce personne, le plafond théorique serait :

10 heures × 19,92 € = 199,20 € par mois.

Avec un service prestataire facturé au tarif maximal de 25 € par heure, ces dix heures représenteraient jusqu’à :

10 heures × 25 € = 250 € par mois.

Le coût réel, le tarif reconnu par le département et le taux de prise en charge peuvent modifier ces montants.

La PCH peut-elle financer un ordinateur ou un logiciel adapté pour un enfant DYS ?

La PCH peut financer l’achat ou la location d’une aide technique lorsqu’elle compense une limitation d’activité reconnue. Pour une aide qui ne figure pas sur la liste des produits et prestations remboursables par l’Assurance maladie, la prise en charge annoncée est de 75 %, dans la limite de 13 200 € sur dix ans.

Prenons l’exemple fictif d’un ensemble ordinateur, périphériques et logiciels spécialisés coûtant 1 200 €. Si la MDPH reconnaît la totalité de cet équipement comme une aide technique éligible, la participation théorique pourrait atteindre :

1 200 € × 75 % = 900 €.

Cette simulation ne signifie pas qu’un ordinateur familial ou scolaire sera accepté. La demande doit expliquer pourquoi le matériel est indispensable pour compenser les difficultés de l’enfant, quels usages sont prévus et pourquoi une solution ordinaire ne suffit pas.

Il faut également distinguer la PCH du matériel pédagogique adapté attribué dans le cadre de la scolarité. Un ordinateur utilisé en classe peut parfois relever d’une décision liée au Projet personnalisé de scolarisation plutôt que d’un financement direct par la famille. Le guide Dysclick sur les bons plans pour équiper un élève DYS avec un ordinateur présente les différentes pistes à examiner.

Mieux vaut joindre un devis précis et, si possible, une préconisation de l’ergothérapeute ou d’un autre professionnel qui connaît les besoins fonctionnels de l’enfant. Il est prudent d’attendre la décision avant d’engager une dépense importante.

Quelles autres dépenses la PCH peut-elle prendre en charge ?

Certaines dépenses permanentes et prévisibles liées au handicap peuvent être prises en charge comme charges spécifiques, à hauteur de 75 % et dans la limite de 100 € par mois.

Par exemple, si une dépense reconnue par la MDPH atteint 80 € par mois, la prise en charge théorique pourrait être :

80 € × 75 % = 60 € par mois.

Les charges exceptionnelles, qui correspondent à des dépenses ponctuelles, peuvent également être prises en charge à 75 %, dans la limite de 6 000 € sur dix ans.

Ces catégories ne permettent pas de faire rembourser automatiquement toutes les séances, applications, fournitures ou dépenses engagées pour l’enfant. La dépense doit être directement liée au handicap, ne pas être déjà couverte par un autre financement et être acceptée dans le plan personnalisé de compensation.

PCH ou complément AEEH : quelle aide financière choisir pour son enfant ?

La distinction entre les deux aides déroute beaucoup de familles.

L’AEEH de base, dont le montant est de 153,01 € par mois depuis avril 2026, peut être cumulée avec la PCH. En revanche, il faut généralement choisir entre :

  • l’AEEH de base accompagnée d’un complément ;
  • l’AEEH de base accompagnée de la PCH.

Une exception permet de cumuler le complément d’AEEH avec le troisième élément de la PCH, qui concerne l’aménagement du logement ou du véhicule et les surcoûts liés aux transports, à condition que les deux aides ne financent pas la même dépense.

La CDAPH doit présenter une comparaison des solutions auxquelles la famille peut prétendre. Le meilleur choix dépend donc des frais, du nombre d’heures d’aide, de l’éventuelle réduction d’activité professionnelle d’un parent et du mode d’accompagnement retenu.

Pour comprendre les conditions et les différents niveaux de complément, consultez le guide Dysclick consacré à l’AEEH et aux aides financières pour un enfant DYS.

Comment demander la PCH pour un enfant DYS ou TDAH auprès de la MDPH ?

La PCH se demande avec le formulaire MDPH Cerfa 15692*01, en ligne lorsque le département propose ce service ou par dossier papier.

Il faut notamment joindre :

  • un certificat médical datant de moins d’un an ;
  • un justificatif d’identité ;
  • un justificatif de domicile ;
  • les bilans et comptes rendus utiles ;
  • les devis correspondant aux aides demandées ;
  • les documents montrant le retentissement du handicap.

Un dossier solide ne se contente pas d’énumérer les diagnostics. Il décrit une semaine habituelle : ce que l’enfant réalise seul, ce qui nécessite une présence, la durée de cette aide, les conséquences d’un oubli ou d’un imprévu et les stratégies déjà essayées.

Le questionnaire complémentaire MDPH pour les DYS et TND peut aider à décrire les difficultés cognitives, l’organisation, la fatigue et l’autonomie. Le projet de vie MDPH permet ensuite de relier ces difficultés aux aides demandées.

Pour chaque besoin, essayez de préciser :

  • la tâche concernée ;
  • la fréquence de l’aide ;
  • le temps nécessaire ;
  • ce qui arrive en l’absence d’accompagnement ;
  • les dépenses déjà supportées ;
  • l’aide humaine ou technique sollicitée.

Le délai réglementaire de réponse est de quatre mois. Une absence de réponse au-delà de ce délai vaut rejet implicite. En cas de refus ou d’attribution jugée insuffisante, un recours administratif préalable obligatoire peut être déposé dans les deux mois. Le guide Dysclick pour contester une décision MDPH avec un RAPO détaille cette démarche.

Comment préparer un dossier PCH qui décrit précisément les besoins de l’enfant ?

La PCH peut constituer une aide financière utile pour certains enfants DYS ou TDAH, en particulier lorsque leurs difficultés dépassent les apprentissages scolaires et réduisent leur autonomie dans plusieurs domaines du quotidien.

Elle reste cependant plus exigeante qu’une simple demande de remboursement. Il faut montrer précisément les activités concernées, la différence avec un enfant du même âge et la manière dont l’aide demandée compensera cette difficulté.

Avant d’envoyer le dossier, rassemblez les bilans, devis, emplois du temps, observations scolaires et exemples concrets. Le guide pour réussir un dossier MDPH pour un enfant DYS peut vous aider à organiser l’ensemble sans transformer votre dossier en pile de documents illisibles.

Les tarifs et plafonds peuvent évoluer. Vérifiez toujours les montants officiels au moment de la demande et demandez à la MDPH une comparaison personnalisée entre le complément d’AEEH et la PCH avant d’exercer votre droit d’option.

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