
Le samedi 10 octobre 2026, les DYS seront un peu plus visibles que d’habitude. Associations, familles, professionnels et collectivités organisent partout en France des conférences, rencontres et ateliers à l’occasion de la Journée nationale des DYS.
Cette édition est particulière : la Journée nationale des DYS fête ses 20 ans. Une bonne occasion de parler de dyslexie, dysorthographie, dyscalculie, dyspraxie ou trouble développemental du langage, mais surtout de montrer ce qui peut réellement améliorer le quotidien à l’école, dans les études et au travail.
Quand a lieu la Journée nationale des DYS en 2026 ?
En France, la 20e Journée nationale des DYS a lieu le samedi 10 octobre 2026. La Fédération Française des DYS (FFDys), à l’origine de cette journée lancée en 2007, a choisi cette année le thème :
20 ans d’actions : l’avenir se construit avec les Dys.
La mobilisation dépasse d’ailleurs la seule journée du 10 octobre. Des manifestations sont organisées autour de cette date dans différentes villes, et la FFDys tient deux grands rendez-vous à Paris les 9 et 10 octobre 2026.
Pour trouver une manifestation près de chez vous, la Fédération publie une carte des événements de la Journée nationale des DYS 2026, mise à jour au fur et à mesure des inscriptions.
Si vous souhaitez mieux comprendre ce que recouvre ce terme, notre article Troubles Dys, TSdA et TSLA : mieux comprendre fait le point sur les différentes appellations et les troubles concernés.
Pourquoi la Journée des DYS est-elle importante ?
Sensibiliser aux troubles DYS permet de mieux les comprendre, de réduire les idées reçues et de faire évoluer la place des personnes concernées dans la société. C’est aussi l’un des objectifs de Dysclick : faire connaître ces troubles au-delà du cercle des familles et des professionnels qui y sont déjà confrontés.
Cette sensibilisation aide à changer le regard porté sur certaines difficultés. Une dyslexie peut être interprétée comme un manque de lecture, une dysorthographie comme un manque de travail, une dyspraxie comme de la maladresse. La lenteur, la fatigue ou les difficultés d’organisation peuvent elles aussi être mal comprises lorsque le trouble reste invisible.
L’enjeu est d’autant plus large que les troubles spécifiques du langage et des apprentissages sont fréquents. La Haute Autorité de santé estime qu’environ 8 % des enfants présentent un trouble spécifique du langage et des apprentissages.
À l’école, les choses évoluent progressivement vers une scolarité plus inclusive. Mais la qualité de l’accompagnement dépend encore beaucoup de la connaissance des troubles par les enseignants et les équipes éducatives. Comprendre pourquoi un élève bénéficie de temps supplémentaire, d’un cours numérique, d’une consigne reformulée ou d’un ordinateur permet de voir ces aménagements pour ce qu’ils sont : des moyens de réduire un obstacle et de permettre à l’élève de montrer ce qu’il sait. Notre guide sur les aménagements scolaires DYS présente les principales adaptations possibles à l’école.
Dans le monde du travail, le décalage reste encore plus marqué. Beaucoup d’adultes DYS préfèrent rester discrets sur leurs difficultés par crainte d’être jugés moins compétents, moins rigoureux ou moins adaptés au poste. Une meilleure sensibilisation peut aider les entreprises à distinguer les difficultés liées au trouble des compétences professionnelles réelles, et à mettre en place des adaptations souvent simples : outils de correction, dictée vocale, documents plus lisibles, temps de préparation ou organisation différente des échanges écrits.
La Journée nationale des DYS sert précisément à faire circuler cette information plus largement : auprès des familles, mais aussi des enseignants, employeurs, collectivités et personnes qui connaissent encore peu ces troubles.
Quels événements sont prévus pour la Journée des DYS 2026 ?
Il n’existe pas un événement unique. Des associations, médiathèques, collectivités et professionnels organisent leurs propres manifestations partout en France.
À Paris, le grand rendez-vous de la FFDys
La Fédération Française des DYS organise deux journées.
Le vendredi 9 octobre, une première rencontre se déroule au ministère de la Santé. Le programme aborde entre autres l’évolution des politiques publiques, les parcours de soins et les résultats de l’enquête nationale 2026 de la FFDys.
Le samedi 10 octobre, le rendez-vous principal se tient à l’ASIEM, dans le 7e arrondissement de Paris. L’entrée est gratuite sur inscription.
Les conférences abordent l’évolution des connaissances sur le langage oral, les prises en charge en orthophonie, l’inclusion scolaire, la vie professionnelle des adultes DYS et les outils numériques. Un second espace propose des démonstrations autour du permis de conduire, de la musique, des outils pédagogiques et de solutions numériques.
Un sujet particulièrement intéressant pour les familles est prévu à 15 h 10 : les outils numériques pour les DYS et l’égalité des chances à l’école.
À Rueil-Malmaison, rencontrer directement des professionnels
Le 10 octobre de 10 h 30 à 17 h, la médiathèque Jacques Baumel accueille un stand organisé par l’Équipe Ressources troubles du neurodéveloppement de la Communauté professionnelle territoriale de santé de Rueil-Malmaison.
Des professionnels de santé pourront répondre aux questions des familles sur le repérage, l’accompagnement et l’orientation des enfants présentant un trouble du neurodéveloppement.
C’est un format intéressant lorsque l’on cherche moins une conférence qu’un endroit où poser directement ses questions.
À Beauvais, conférences et ateliers
À Beauvais, l’association 60Dys organise une journée gratuite de 9 h à 17 h.
Deux interventions sont annoncées le matin avec Michèle Mazeau, spécialiste en neuropsychologie infantile, et Sylviane Valdois, directrice de recherche au CNRS. Des ateliers et stands prennent le relais pendant l’après-midi.
À Saint-Étienne, parler aussi du quotidien
À Saint-Étienne, la journée se déroule à la Maison de l’Emploi de 10 h à 16 h 30. Le programme mélange témoignages, conférences sur les troubles du neurodéveloppement, handicap invisible, aides disponibles et ateliers inclusifs.
D’autres manifestations sont annoncées à Nice, Trélissac, Cayenne et dans plusieurs autres villes. Le programme évolue encore à l’approche du 10 octobre, d’où l’intérêt de consulter la carte de la FFDys.
Comment marquer la Journée des DYS sans organiser une conférence ?
Il n’est pas nécessaire de monter un colloque avec 200 personnes. Une action très simple peut être plus efficace si elle touche les bonnes personnes.
À l’école, un enseignant peut consacrer vingt minutes à expliquer pourquoi certains élèves disposent d’un ordinateur, de temps supplémentaire ou d’une consigne lue à voix haute. Une bibliothèque peut mettre en avant des livres adaptés et des livres audio. Une entreprise peut présenter les fonctions d’accessibilité déjà disponibles dans Word, Windows ou les outils de visioconférence.
À la maison, cette journée peut aussi servir à laisser un enfant montrer ce qui l’aide réellement. Faites-lui présenter sa synthèse vocale, son prédicteur de mots, son clavier ou une méthode qu’il utilise pour apprendre. L’enfant passe alors de celui à qui l’on explique son trouble à celui qui explique comment il travaille.
Vous pouvez également partager un témoignage ou une ressource sur les réseaux sociaux avec le mot-dièse #JNDYS utilisé par la Fédération.
Pour aller plus loin, notre page Outils numériques pour DYS, TDAH et TND permet de trouver des logiciels et applications selon le besoin : lire, écrire, dicter, scanner, travailler les maths ou s’organiser.
Et si le 10 octobre servait surtout à montrer les solutions ?
Parler des DYS uniquement sous l’angle des difficultés laisse de côté une partie intéressante du sujet.
En vingt ans, les possibilités de compensation ont énormément évolué. Un élève peut écouter un texte plutôt que lutter pendant vingt minutes pour le décoder. Il peut dicter une réponse, utiliser un correcteur, photographier un document, adapter sa mise en page ou prendre ses cours sur ordinateur.
Les outils numériques ne suppriment pas le trouble. Ils peuvent en revanche réduire fortement son impact sur certaines tâches.
C’est aussi ce que cette journée peut montrer : une difficulté devient parfois beaucoup moins handicapante lorsque l’environnement et les outils s’adaptent à la personne plutôt que de lui demander de compenser seule.
Cette question dépasse largement l’école. Les troubles persistent à l’âge adulte et peuvent continuer à peser sur la lecture, l’écriture, l’organisation ou la fatigue professionnelle. Notre article sur les impacts psychologiques et sociaux des troubles DYS permet d’aller plus loin sur cet aspect.
Le 10 octobre peut donc servir à faire connaître les DYS. Mais il peut surtout être l’occasion de montrer à un enfant, un enseignant, un collègue ou un employeur qu’il existe déjà beaucoup de façons de faire autrement.
Dyslexie, dyspraxie, dyscalculie… quels sont les troubles DYS ?
Le mot DYS regroupe plusieurs troubles qui peuvent toucher la lecture, l’écriture, le langage, les mathématiques ou encore la coordination. Ils peuvent être présents seuls ou associés entre eux, et leurs conséquences sont très différentes d’une personne à l’autre.
Mieux les connaître permet justement d’éviter les raccourcis et d’adapter plus efficacement l’aide proposée.
Vous pouvez approfondir chaque trouble avec nos guides :
- la dyslexie, qui touche principalement l’apprentissage de la lecture ;
- la dysorthographie, qui entraîne des difficultés durables avec l’orthographe ;
- la dyscalculie, qui concerne les apprentissages numériques et mathématiques ;
- la dyspraxie, ou trouble développemental de la coordination, qui peut rendre certains gestes et certaines tâches scolaires beaucoup plus coûteux ;
- la dysgraphie, qui affecte l’écriture manuscrite ;
- la dysphasie, aujourd’hui appelée trouble développemental du langage, qui touche le développement du langage oral.
Pour une vue d’ensemble, notre guide des troubles DYS permet aussi de comprendre rapidement les principales différences entre ces profils.
Troubles DYS : des difficultés réelles sans fermer l’avenir
Recevoir un diagnostic de trouble DYS peut inquiéter une famille. Les premières années sont parfois compliquées : apprentissages plus lents, fatigue, découragement, difficultés à obtenir les bons aménagements ou sentiment d’être en décalage avec les autres élèves.
Pour autant, un trouble DYS ne détermine ni le niveau intellectuel, ni le métier, ni la réussite future d’un enfant.
Beaucoup de personnes DYS construisent des parcours scolaires, professionnels, sportifs, artistiques ou entrepreneuriaux très différents. La réussite dépend bien davantage de la combinaison entre les capacités de la personne, son environnement, les stratégies qu’elle développe et les aides auxquelles elle peut accéder.
Les exemples publics peuvent aussi aider un enfant à se projeter. Voir des adultes parler ouvertement de leur dyslexie ou de leur dyspraxie permet de comprendre que le trouble accompagne une personne sans résumer ce qu’elle est.
Sur Dysclick, nous avons par exemple raconté le parcours de Stephen Graham et sa dyslexie, celui de Franky Zapata, inventeur dyslexique, de Marc’Andria Maurizzi, grand maître d’échecs et dyspraxique ou encore de Stéphane Séjourné et sa dyslexie. Vous pouvez également retrouver notre sélection de personnalités dyslexiques inspirantes.
Ces parcours sont très différents et ne constituent évidemment pas un modèle à reproduire. Leur intérêt est ailleurs : ils montrent à un enfant qu’un début de scolarité difficile ne permet pas de prédire ce qu’il sera capable de faire dix ou vingt ans plus tard.
C’est aussi l’un des messages que peut porter la Journée des DYS : mieux comprendre les difficultés aujourd’hui pour laisser davantage de possibilités ouvertes demain.
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