Projet de vie MDPH pour enfant DYS : modèle et exemple

Temps de lecture : 7 minutes

Le projet de vie n’est pas un texte décoratif dans le dossier MDPH. C’est l’endroit où vous rendez visibles les conséquences concrètes du trouble dans la vie de tous les jours. Dans le formulaire actuel, l’ancien projet de vie correspond à la partie vie quotidienne. Cette partie n’est pas obligatoire, mais elle est très utile pour aider la MDPH à comprendre vos besoins et vos attentes. Les textes prévoient aussi que les besoins de compensation sont évalués en tenant compte des souhaits exprimés dans ce projet.

Pour un enfant DYS, le bon objectif est simple. Il ne s’agit pas de refaire les bilans. Il s’agit d’expliquer, avec des exemples concrets, ce que l’enfant ne peut pas faire dans des conditions ordinaires, ce qui a déjà été mis en place, et pourquoi certaines compensations sont nécessaires pour accéder réellement aux apprentissages.

Pourquoi le projet de vie compte dans la décision MDPH

Le dossier MDPH ne se résume pas à une addition de comptes rendus médicaux. L’équipe pluridisciplinaire propose un plan personnalisé de compensation en tenant compte du projet de vie, puis ce plan peut intégrer, selon les situations, des mesures de toute nature, y compris le projet personnalisé de scolarisation. Autrement dit, le projet de vie ne remplace pas les autres pièces, mais il leur donne du sens.

C’est souvent là que se joue la différence entre un dossier techniquement complet et un dossier réellement compréhensible. Un bilan peut dire dyslexie sévère. Le projet de vie, lui, montre ce que cela produit concrètement : lenteur extrême, fatigue, évitement de l’écrit, dépendance aux adultes, tension pendant les devoirs, impossibilité de montrer ses compétences dans une évaluation chronométrée.

Où mettre le projet de vie dans le dossier MDPH

Deux formats fonctionnent bien.

Vous pouvez l’écrire directement dans la partie vie quotidienne du formulaire MDPH. Vous pouvez aussi le joindre sur papier libre, en annexe, si vous voulez un texte plus clair et plus structuré. C’est explicitement prévu. Et si besoin, la MDPH peut vous aider à le rédiger.

En pratique, pour un enfant DYS, l’annexe d’une page est souvent la meilleure option. Elle force à aller à l’essentiel et évite de noyer les informations importantes dans le reste du formulaire.

Plan type pour rédiger un projet de vie MDPH

Un bon projet de vie ne raconte pas toute l’histoire de l’enfant. Il suit une logique courte et lisible.

Présentation rapide de l’enfant

Indiquez l’âge, la classe, les points forts, et les troubles déjà identifiés. Deux ou trois phrases suffisent.

Exemple :
L. a 9 ans et est en CE2. C’est un enfant curieux, volontaire, qui comprend bien à l’oral et participe volontiers quand les consignes sont expliquées clairement. Ses troubles DYS rendent cependant l’accès à l’écrit très coûteux.

Difficultés concrètes au quotidien

Décrivez ce qui coince vraiment, dans la vie réelle. Pas des généralités. Des scènes concrètes.

Par exemple :

  • il met beaucoup plus de temps que les autres à lire une consigne
  • il copie lentement et se fatigue vite
  • il ne parvient pas à produire un écrit long sans aide
  • les devoirs prennent un temps disproportionné
  • il évite certaines tâches par peur de l’échec
  • les évaluations écrites chronométrées ne reflètent pas son niveau réel

Trois à cinq exemples précis valent mieux qu’un long paragraphe vague.

Aides déjà mises en place

Expliquez ce qui existe déjà : PAP, adaptations de consignes, réduction de copie, suivi en orthophonie, ergothérapie, aide familiale, matériel, outils numériques.

Le point utile n’est pas seulement de lister les aides. Il faut dire aussi ce qu’elles améliorent, et ce qu’elles ne compensent pas assez.

Conséquences sur la vie de l’enfant

C’est souvent la partie que les familles sous-écrivent. Pourtant, c’est là que le dossier devient lisible.

Il faut nommer les conséquences observables :

  • fatigue importante
  • lenteur persistante
  • perte d’autonomie
  • stress avant l’école ou les devoirs
  • évitement de l’écrit
  • baisse de confiance
  • surcharge pour suivre une scolarité ordinaire

Ce que vous demandez à la MDPH

Il faut relier chaque difficulté à une demande identifiable.

Par exemple :

  • PPS si les besoins dépassent le simple aménagement pédagogique
  • aides et aménagements scolaires adaptés
  • matériel informatique ou logiciel
  • aide humaine si l’évaluation la justifie
  • AEEH ou autre aide financière selon le retentissement et les surcoûts
  • orientation ou accompagnement spécifique si nécessaire

L’objectif recherché

Terminez par une phrase simple. Pas une formule administrative. Un objectif concret.

Exemple :
Nous souhaitons permettre à L. de suivre une scolarité ordinaire avec une accessibilité réelle, de montrer ses compétences sans être pénalisé par l’écrit et la vitesse, et de limiter la surcharge qui altère sa santé et sa confiance.

Modèles gratuits de projet de vie MDPH à télécharger

Vous ne savez pas quoi écrire dans le projet de vie MDPH, ou vous avez peur d’oublier un point important. Voici un plan type clair et plusieurs modèles gratuits à compléter selon votre situation, pour décrire le retentissement réel du trouble et formuler des demandes plus précises.

Pour rester cohérent avec le reste du site, je te conseille d’amener cette section avec deux liens internes vers Réussir son Dossier MDPH pour enfant DYS, Questionnaire complémentaire MDPH pour DYS et, côté école, Aménagements scolaires DYS : loi, PAP, PPS, MDPH. Ces contenus existent déjà sur Dysclick.

Exemple de projet de vie MDPH rédigé pour un enfant DYS

Projet de vie — L., 9 ans, CE2, troubles DYS

L. est un enfant curieux et sociable. Il comprend bien à l’oral et participe volontiers lorsque les consignes sont explicitées. Il aime les sciences, les manipulations et les activités concrètes.

Au quotidien, ses troubles DYS rendent l’accès à l’écrit très coûteux. Lire une consigne longue, copier, rédiger quelques phrases ou se relire lui demandent un effort inhabituellement important. En classe, il démarre plus lentement, perd le fil plus facilement et se fatigue vite. À la maison, les devoirs prennent un temps disproportionné, ce qui crée de la tension et une baisse de confiance.

Des aménagements ont déjà été mis en place, notamment un PAP, des consignes adaptées et une réduction de copie. Ces mesures aident partiellement, mais elles restent insuffisantes dans certaines situations, en particulier lors des évaluations écrites chronométrées et des exercices qui demandent une production écrite soutenue. L. commence à éviter certaines tâches d’écriture et exprime parfois une appréhension avant d’aller à l’école.

Nous souhaitons que L. puisse suivre une scolarité ordinaire dans des conditions réellement accessibles. Il doit pouvoir comprendre les consignes, montrer ses compétences sans être pénalisé par la vitesse ou la charge liée à l’écrit, et apprendre sans s’épuiser.

Nous demandons donc des mesures de compensation scolaire adaptées, en lien avec l’évaluation de ses besoins, notamment des supports accessibles, des modalités d’évaluation compatibles avec ses troubles, et, si cela est retenu comme nécessaire, une aide humaine ou matérielle appropriée. L’objectif est de préserver sa santé, son autonomie et son accès effectif aux apprentissages.

Ce type de texte est cohérent avec l’objectif officiel de la partie “vie quotidienne” : faire comprendre besoins et attentes au-delà des seules pièces techniques. 

La méthode pour rendre le dossier MDPH plus convaincant

Le bon réflexe est de raisonner en trois colonnes mentales : obstacle, preuve, demande.

Montrer les obstacles pour l’accès aux consignes

Obstacle : l’enfant ne comprend pas ou comprend trop lentement les consignes écrites.
Preuve : GEVA-Sco, exemples de classe, retours enseignants.
Demande : reformulation, supports adaptés, PPS si nécessaire.

Accéder à l’écrit sans surcharge

Obstacle : écrire, copier, se relire ou produire un texte demande un effort excessif.
Preuve : bilans, observations de fatigue, devoirs très longs, production écrite très limitée.
Demande : réduction de copie, outil numérique, logiciels adaptés, modalités d’évaluation ajustées.

Obtenir des évaluations plus équitables

Obstacle : l’enfant sait mais ne peut pas montrer ce qu’il sait dans le temps et le format imposés.
Preuve : décalage entre oral et écrit, contrôles non terminés, retours scolaires.
Demande : aménagements compatibles avec ses troubles, puis, le cas échéant, continuité vers les demandes d’aménagement d’examen.

C’est cette logique qui évite les demandes floues. On ne demande pas une aide parce qu’elle serait confortable. On la demande parce qu’elle compense un obstacle identifiable.

Les pièges à éviter dans un projet de vie MDPH

Réécrire le bilan

Le bilan médical ou paramédical existe déjà. Ta valeur ajoutée, ici, c’est le quotidien. Il faut montrer le retentissement, pas recopier le diagnostic.

Rester trop vague

Dire il a des difficultés n’aide pas beaucoup. Dire qu’il faut qu’un adulte relise chaque consigne, qu’il met vingt minutes à faire un exercice écrit très court, ou qu’il finit épuisé après les devoirs, c’est tout de suite plus parlant.

Demander sans expliquer pourquoi

Chaque demande doit répondre à une difficulté observable. Sinon, elle paraît abstraite.

Vouloir trop en dire

Une page claire vaut mieux que trois pages confuses. Deux pages maximum si la situation est vraiment complexe.

Questions fréquentes sur le projet de vie MDPH

 

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